Taxis – VTC : le cas Uber inspire un changement des règles du jeu à Londres

Poste de travail

En conflit avec Uber, dont elle refuse de renouveler la licence, l’autorité organisatrice des transports à Londres veut remodeler la réglementation.

Nous serons, à l’avenir, particulièrement attentifs aux engagements et aux mesures concrètes que les sociétés de transport privé de personnes prendront en matière de sécurité des passagers et de leurs données personnelles.

Transport for London (TfL) a fait passer le message dans une déclaration de principes publiée jeudi.

L’autorité chargée de superviser les transports dans la capitale britannique entend consulter les parties intéressées dans l’optique de faire évoluer la réglementation.

En l’état, l’exercice des taxis et des VTC sur place est encadré par le Private Hire Vehicles Act. Le texte, en vigueur depuis 1998 et amendé pour la dernière fois en 2017, complète la législation nationale ; en l’occurrence, le Transport Act de 1985.

La responsabilité des plates-formes

TfL inscrit sa réflexion dans la lignée de la stratégie annoncée en juin dernier par la municipalité pour des transports « plus responsables ».

Le maire Sadiq Khan souhaite notamment que dans un horizon de 25 ans, 80 % des trajets à Londres soient réalisés à pied, à vélo ou en transports en commun (sachant que la ville compterait 10,8 millions d’habitants à cette échéance).

Dans le même esprit, il avait formulé, en 2016, un « plan d’action » pour le secteur du transport privé de personnes. Y sont préconisés, entre autres, un niveau minimal de maîtrise de l’anglais pour les chauffeurs et la mise en place d’un système de confirmation des réservations avant un trajet.

Du côté de TfL, on souhaite que les opérateurs des services concernés clarifient leurs responsabilités en cas de problèmes, forment leurs partenaires chauffeurs et améliorent plus globalement leur capacité à réagir aux situations d’urgences, aussi bien au niveau des moyens de signalement mis à disposition des passagers que des relations avec les forces de l’ordre.

Parmi les pistes explorées figurent aussi des tests de conduite « avancés », une assurance spécifique à l’autopartage, un minimum de véhicules accessibles aux personnes à mobilité réduite et la possibilité, pour les passagers, de choisir avec qui ils effectueront leurs trajets partagés.

Allô Uber ?

La sécurité est l’une des raisons pour laquelle TfL n’a pas renouvelé, en septembre dernier, la licence d’Uber, pointé du doigt pour des contrôles insuffisants de ses chauffeurs.

La firme américaine a fait appel de cette décision. En attendant un jugement (le procès doit démarrer le 30 avril 2018), son activité peut se poursuivre à Londres. Elle a néanmoins lâché du lest en imposant à ses chauffeurs de prendre des pauses d’au moins 6 heures après 10 heures travaillées d’affilée.

Des engagements ont également été pris sur l’affichage, dans l’application pour les passagers, des numéros de licence des chauffeurs. Ainsi que sur la mise en place d’une hotline disponible en 24/7.

Uber promet par ailleurs de rediriger automatiquement vers la police les plaintes reçues dans le cadre d’incidents jugés sérieux. Le système, opérationnel à Londres, doit être étendu sur l’ensemble du marché britannique, sous réserve de consultations avec les autorités locales.

Crédit photo : Merixon via Visual Hunt / CC BY-NC-SA


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