Thomson veut devenir ‘le back-office de la vidéo sur Internet’

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Lors d’une visite R&D à Rennes, Frank Dangeard, PDG de Thomson, a fait le point sur la stratégie d’innovation de son groupe orienté vidéo numérique.

Un petit hommage appuyé est rendu au site de Rennes, au coeur du pôle de compétitivité « Images et réseaux » en Bretagne. Son vice-président Jean-Dominique Meunier occupe d’ailleurs le poste de directeur des programmes européens et coopératifs chez Thomson. « Les talents existent. C’est un vrai centre de compétence et il demeure notre principal laboratoire dans le monde », commente Frank Dangeard.

Six domaines technologiques explorés

Quels sont les champs d’investigation en termes de R&D ? Thomson s’investit dans six domaines technologiques (souvent explorés sous forme de clusters) : systèmes de productions et de distribution, compression et traitement du signal, réseaux sans fil et large bande, stockage et archivage et sécurité. Grosso modo, Thomson mène en parallèle une centaine de projets R&D jugés stratégiques dans le monde qui s’inscrivent dans ses grandes thématiques.

« Nous gérons les projets en fonction de cycles (… ) Cela structure les compétences dans nos métiers », explique Gary Donnan, en qualité de vice-président Corporate Research chez Thomson, venu prendre le relais de Frank Dangeard. Le « master R&D » du groupe, qui n’hésite pas à mélanger les concepts pour montrer l’étendue du possible (Secured P2P, Wi-Fi over Cable… ), distingue les projets par degré d’implication dans le temps.

Les « Explanatory projects » rassemblent les idées en avance par rapport à notre époque pour se tenir prêt à la prochaine vague technologique. Les « Vision directed projects » sont plutôt ancrés dans une perspective de deux à cinq ans. Par exemple, Gary Donnan parie sur la fin du disque dur traditionnel au profit de l’optique à l’horizon 2012. Plus près de nous, les Product oriented projects intègrent des services ou produits qui seront lancés dans un délai de neuf mois à deux ans.

Les licences MPEG, une manne

Cette vocation d’innover se retrouve en partie dans le dynamisme de Thomson en matière de revenus générés autour des licences. Un business qui a généré des revenus de 400 millions depuis 2004. Avec des normes incontournables dans la vidéo mobile comme le MPEG-2 (20% du total du CA licences).

Signalons au passage que cette norme de compression vidéo est issue des travaux du site de Thomson à… Rennes. Dans le giron du groupe, on trouve également d’autres licences intéressantes à exploiter comme le MP3. Pour synthétiser, Thomson délivre des licences liées à une trentaine de technologies à un millier d’entreprises.

Dans cette bataille pour l’innovation, le volet propriété industrielle et intellectuelle se révèle crucial et nécessite une politique active de dépôts de dépôts de brevets. En moyenne, Thomson dépose 1000 brevets par an, dont la moitié est issue du site rennais. Au total, le groupe détient plus de 50 000 brevets et demandes de brevets.

« Nous exploitons vraiment la moitié d’entre eux « , précise le PDG. Frank Dangeard considère qu’il faut patienter 6 à 7 ans avant de monétiser un brevet… Sachant que la durée de vie d’un brevet est estimée à 15 ans. La gestion de cycle de vie des brevets est tout aussi importante que les produits et services.

Thomson, prestataire omniprésent mais dans l’ombre
Gestion des réseaux vidéo, décodeurs IPTV, Serveurs vidéo, logiciels de réseaux, caméras professionnels (comme le prototype de caméra sans fil HD développé par Grass Valley, la filiale d’équipement professionnel de Thomson), Effets visuels… Thomson a recensé une douzaine de lignes de produits sur des segments porteurs de marchés « vidéo ».
Le spécialiste des technologies vidéo numérique veut répondre aux demandes de toutes les industries intéressées : média, divertissement et communication audiovisuelle au sens large. Thomson dispose de trois divisions pour développer ses activités et commercialiser ses offres « end to end » qui ne pas toujours évidentes à distinguer : Technologie (vidéo, logiciels, circuits intégrés… ), Systèmes (fourniture et intégration de systèmes et de solutions dédiées à la vidéo) et Services (gestion de réseaux vidéo).
On trouve ses clients parmi les grands opérateurs de réseaux (ComCast, Telefonica, France Telecom, Google… ), les chaînes de télévision (Canal Plus, TF1, France 24, CBS, BBC… ), les groupes médias (Disney, News Corp, Viacom… ) et aussi des groupes industriels plus classiques qui s’investissent dans des développements vidéo comme Wal-Mart ou Carrefour.
En 2006, Thomson a réalisé un chiffre d’affaires de 5,75 milliards d’euros avec un équilibre relatif des revenus générés par les pôles Systèmes et Services (2,7 milliards d’euros pour le premier et 2,5 milliards pour le second). Le reliquat revenant à la partie « Technologie ».