Très haut débit : les revenus des opérateurs ne suivent pas les investissements

Les investissements des opérateurs télécoms français dans les services fixes augmentent ; pas leurs revenus.

Ce déséquilibre s’illustre dans l’observatoire annuel de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes).

Sur les 9,556 milliards d’euros investis par les opérateurs en 2017 (+ 7,5 % d’une année sur l’autre), environ 6,6 milliards l’ont été sur le fixe (+ 6 %), dont 1,848 milliard dans les boucles locales très haut débit (+ 19,6 %).

Le paysage internet français évolue en conséquence : sur 28,429 millions d’accès recensés au 31 décembre 2017 (+ 2,7 %), près de 7 millions ont un débit descendant d’au moins 30 Mbit/s (+ 28,3 %).

VDSL2, terminaisons coaxiales et 4G fixe confondus, l’Arcep recense 2,34 millions d’accès disposant d’une bande passante entre 30 Mbit/s et 100 Mbit/s. Sur les 4,618 millions au-dessus de ce seuil (+ 33,9 %), 3,276 millions reposent sur du FTTH (fibre optique de bout en bout ; + 51,4 %).

La répartition des revenus s’en ressent : 11,729 milliards d’euros issus du haut et du très haut débit (+ 2,7 %), contre 3,024 milliards du bas débit (- 10,6 %). En ajoutant les 2,401 milliards (- 1,7 %) issus de la vente de services de capacité sur le marché des entreprises, les revenus globaux sont au plus bas depuis l’an 2000 dans les relevés de l’Arcep.

Tendance roaming

Les investissements dans les boucles locales très haut débit progressent aussi sur le mobile : + 24,4 %, à 1,818 milliard d’euros. Les revenus, eux, sont tout juste stables, à 14,172 milliards d’euros, hors marché entre opérateurs.

M2M exclu, la facture moyenne pour les clients des opérateurs mobiles poursuit sa légère baisse, à 15,90 euros, loin du pic à 29,10 euros enregistré en 2005.

La baisse des tarifs de l’itinérance en Europe n’y est pas étrangère : le revenu de l’ensemble des prestations de « roaming out » recule de 19,3 %, à 697 millions d’euros. Ce qui ne signifie pas que la consommation depuis l’étranger diminue : elle a, au contraire, presque triplé sur les données (+ 255,9 %, à 40,158 téraoctets), tout en augmentant sur les appels (+ 33,2 %, à 3,441 milliards de minutes) et les textos (+ 28,5 %, à 1,944 milliard de SMS envoyés).

En France aussi, le volume de données mobiles consommées explose : + 118,3 %, à 2,201 exaoctets (milliards de gigaoctets). Les clients actifs en 4G sont à l’origine de 90 % de cette consommation (+ 6 points).

Le trafic émis depuis les mobiles vers l’international s’est, en revanche, fortement contracté : – 17 %, à 5,14 milliards de minutes, conséquence de l’arrêt, début 2016, de la commercialisation d’offres d’abondances vers certaines destinations à l’étranger.

Crédit photo : frankieleon via VisualHunt / CC BY

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