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Du RTC vers le « tout IP » : 7 pistes pour basculer

Coûts réduits et usages « enrichis » : chez les opérateurs, le discours est invariable pour accompagner la transition vers le « tout IP ».

Ce protocole utilisé sur les réseaux informatiques deviendra progressivement la norme pour acheminer les communications voix fixes, en remplacement du réseau téléphonique commuté (RTC).

Chef d’orchestre de ce basculement sur le volet technologique en tant qu’opérateur historique, Orange (ex-France Télécom) est également en première ligne sur le volet commercial.

Son catalogue est dense, tout comme ceux de SFR et Bouygues Telecom.

La variété des offres invite à une réflexion large : combien de lignes vont basculer ? avec quelles fonctions de communication et, éventuellement, de collaboration ? Est-il opportun, voire nécessaire de renouveler l’accès internet ? d’externaliser le standard téléphonique ?…

Les grilles tarifaires ne sont pas toujours très lisibles, entre « séries limitées », offres de remboursement différées et autres promotions. Les prix que nous indiquons ci-après n’en tiennent pas compte, dans la mesure du possible.

1- La voix d’abord

Les trois opérateurs proposent chacun des solutions qui couvrent exclusivement les usages voix, pour une ou plusieurs lignes.

Dans la catégorie voix sur IP monoligne, on peut trouver, dans la boutique Orange Pro, la gamme Ligne fixe pro. Elle inclut de la téléphonie fixe sur forfait ou au compteur, à partir de 22 euros HT par mois pour un engagement d’un an. Le boîtier Livebox Pro fourni peut prendre en charge les usages « spéciaux »* basés sur le RTC, comme les terminaux de paiement, les téléalarmes et les fax.

La filiale OBS (Orange Business Services) a également une formule VoIP monoligne avec usages spéciaux, sous la marque Ligne Fixe Business. Celle-ci est proposée sur support ADSL ou fibre, avec des options à la carte (présentation du numéro, signal d’appel, indication de coût…).

Chez SFR, on mise sur un basculement des usages voix vers le réseau mobile avec l’offre Ligne Business 3G. À partir de 28,30 euros HT par mois, elle comprend un poste avec numéro fixe porté ou attribué et des communications au compteur ou au forfait.

Mêmes prestations avec la Ligne Business IP, mais sur réseau filaire (fibre ou ADSL). Au contraire de la Ligne Business 3G, elle prend en charge les usages spéciaux. Des options donnent par ailleurs accès à une garantie de temps de rétablissement (GTR) en cas de panne.

Chez Bouygues Telecom Entreprises, cette GTR est de 4 h sur les périodes ouvrables pour la gamme de solutions PBX. Le ticket d’entrée s’élève à 35 euros HT par mois (engagement de 3 ans) pour une ligne à deux canaux voix sur paire de cuivre. Un usage spécifique est pris en charge : le fax.

2 – Centrex : un pas vers la téléphonie cloud

Pour basculer en monoligne avec les usages data, il y a, chez SFR, la Box 4G. Elle se présente sous la forme d’un routeur auquel peut être raccordé un poste téléphonique associé à un numéro fixe et à un forfait de communications. Les tarifs avec engagement de 2 ans varient de 35 à 109 euros HT par mois, essentiellement en fonction de l’enveloppe data. Le ticket d’entrée vaut pour un usage sans téléphonie fixe.

La déclinaison sur réseau filaire s’appelle Box Business. Proposée si possible sur connexion FttH (fibre jusqu’à l’abonné), elle inclut une ligne téléphonique et permet d’en ajouter jusqu’à 20.

Ces lignes supplémentaires sont adossées à un standard téléphonique externalisé, ou centrex.

Les opérateurs ont fait de ce type d’offres un angle d’attaque auprès des PME. Ils les proposent généralement sur abonnement mensuel, à un prix fixe par poste, sans investissement initial et fournissent un espace en ligne où le client peut piloter sa téléphonie.

Illustration chez Bouygues Telecom Entreprises, avec la Ligne Fixe Business.

Le portail de configuration permet de moduler les forfaits et de personnaliser les services d’accueil. Il ouvre aussi, à travers diverses options payantes, la voie vers la convergence fixe-mobile et les outils collaboratifs.

La tarification débute, moyennant 3 ans d’engagement, à 16 euros HT par mois pour chaque poste (Polycom ou Huawei), hors lien internet obligatoire (xDSL ou fibre). Le raccordement IP est facultatif pour la déclinaison Ligne Fixe GSM, qui démarre au même prix, mais utilise le réseau mobile pour acheminer les communications. Dans les deux cas, les postes fixes sont en option, à l’achat ou à la location.

3 – Le tout IP en multiplay

Chez SFR, le centrex est au cœur des offres multiplay regroupées sous la marque Pack Business.

À partir de 104 euros HT par mois (engagement de trois ans), le premier palier Pack Business Pro vise les entreprises monosites de 2 à 5 postes. Standard externalisé, postes téléphoniques et forfait fixe sont fournis, sur accès ADSL. Chaque utilisateur dispose d’une app mobile de gestion (disponibilité, numéro affiché, renvois d’appels…). Le serveur vocal interactif est en option, comme le groupement de lignes et la réception des fax sur la boîte mail.

La téléphonie mobile est prise en charge dans l’offre Pack Business Entreprises (à partir de 36 euros HT par mois pour chaque poste). Le standard vocal interactif y est inclus de base, comme les conférences audio et l’annuaire d’entreprise centralisé. Les communications unifiées le sont aussi, au travers de la messagerie instantanée, du partage de documents et de la connexion éventuelle de la ligne téléphonique au domicile des collaborateurs. Le ticket d’entrée est à 17 euros HT dans le cas d’une utilisation exclusivement en interne.

Une application mobile permet de piloter la téléphonie fixe.

Le standard téléphonique est parfois intégré à la box internet. C’est le cas chez Bouygues Telecom Entreprises, qui ouvre sa gamme tarifaire à 99 euros HT par mois.

Livrée avec un poste téléphonique, sa Bbox Entreprises prend en charge jusqu’à 10 lignes directes (19 euros HT par mois pour chacune au-delà de la première ; 15 euros pour la ligne fax avec communications au compteur). Trois licences Office 365 Business Essentials sont incluses dans l’abonnement. Pour bénéficier du meilleur prix, l’engagement est de deux ans en ADSL ; de trois ans sur fibre.

Orange propose jusqu’à 20 lignes fixes avec son offre Open Pro. Le ticket d’entrée est à 55 euros HT sur ligne ADSL. Mais le prix peut dépasser les 200 euros sur connexion fibre, avec association de lignes mobiles (jusqu’à 4) et options de type roaming ou clé 4G.

Des services sont fournis en complément : stockage SugarSync, suite bureautique Polaris Office, archivage Xambox…. On les retrouve « à l’unité », aux côtés notamment d’une suite de sécurité et d’une solution d’e-mailing, dans le catalogue « Le cloud pro ».

Pour davantage de lignes téléphoniques, on peut se tourner, chez OBS, vers la déclinaison multiplay de l’offre Business Voix, qui gère jusqu’à 60 appels en simultané.

4 – Unifier la communication…

Avec le Pack Business Corporate de SFR, on passe, toujours en centrex, sur un modèle de « communication unifiée globale » à la demande, facturé par utilisateur avec une consommation ajustable. L’opérateur met en avant la capacité à s’interfacer avec des systèmes existants (Lync de Microsoft est donné en exemple).

Pour ceux qui recherchent uniquement des fonctionnalités d’audioconférence, une offre est proposée autour de Skype for Business. Elle se fonde sur une licence Office 365 Business Essentials.

La visio est aussi au catalogue, avec Business Video Service, offre hébergée basée sur des solutions Polycom.

SFR propose, en parallèle, un bouquet de services orientés relation client. Parmi eux, une plate-forme de diffusion de SMS, e-mails, messages vocaux, fax et notifications. Ou encore un outil d’exploitation de données anonymes recueillies auprès des utilisateurs du réseau mobile de l’opérateur.

5 – … et la collaboration

Chez OBS, le centrex est l’une des composantes de l’offre Teaming, dont la tarification débute à 1,50 euros HT par mois pour chaque utilisateur. À ce prix, on bénéficie d’une messagerie électronique, d’un calendrier partagé et d’une suite bureautique collaborative avec espace de stockage en ligne.

Le centrex est proposé en complément, à 20 euros HT – toujours par mois pour chaque utilisateur. S’y adjoint une brique « salle de conférence virtuelle » avec partage d’écran et de documents, à partir de 10 euros HT. Les trois solutions sont groupées au sein d’une formule à 29 euros HT.

Il existe aussi, toujours chez OBS, une version centrex de l’offre Business Talk IP. Sa promesse : unifier, dans les structures qui disposent d’un réseau d’entreprise privé Orange, le transport de la voix et des données entre plusieurs sites.

SFR a le même type d’offre, mais uniquement avec un standard téléphonique interne compatible IP. L’accès est facturé 12 euros HT par mois et par canal ouvert (minimum 8) avec les communications au compteur ; 34 euros avec le forfait illimité.

Pour les utilisateurs de Business Talk IP, OBS met en avant la possibilité de couplage avec la solution Business Together as a Service. Elle associe téléphonie, messagerie unifiée et conférence (audio, vidéo, web) autour de l’offre Cisco HCS. La facturation dépend non seulement du nombre d’utilisateurs actifs, mais aussi de leur profil. Une variante développée autour de Skype Entreprise est également commercialisée, sous le nom Business Together Express.

Chez Bouygues Telecom Entreprises, une option « communications unifiées » est proposée à partir de 5 euros HT par mois, en complément aux offres de téléphonie cloud. Elle inclut une salle de conférence audio/vidéo et des outils de partage (messagerie instantanée, envoi de documents, partage d’écran).

6 – L’option fibre

Sans forcément passer par les packs multiplay, il est possible souscrire un accès internet qui comprend une, voire deux lignes téléphoniques.

Chez Orange, la tarification démarre à 40 euros HT par mois en ADSL et 45 euros en fibre. Côté SFR, le ticket d’entrée sur fibre est à 70 euros – avec la possibilité d’opter pour des liens dédiés.

Bouygues Telecom Entreprises a une offre fibre à 39 euros, où la téléphonie est en option. L’ADSL commence au même prix, contre 149 euros en SDSL (débit symétrique garanti). Une connexion de secours est proposée sous la forme d’un routeur 4G, également commercialisé de manière autonome, à 99 euros pour 100 Go de data et 119 euros pour 200 Go (engagement de 2 ans).

Le routeur 4G de Bouygues Telecom Entreprises est de marque Huawei.

On trouve aussi des formules groupées construites autour de standards téléphoniques internes. Entre autres chez Orange, pour des tarifs de base s’échelonnant de 56 à 93 euros par mois, à la location.

Cette offre trouve un prolongement sous la marque Multi Connect Office, proposée à la vente et à la location financière, en partenariat avec Alcatel-Lucent Entreprise.

La version de base comprend un serveur et un poste opérateur, autour d’un standard interne ou connecté à une plate-forme de services hébergée. Elle unifie messagerie, annuaire et journal des appels, avec des fonctions d’accueil, de téléconférence et de « click-to-call » (déclenchement d’un appel depuis un autre terminal). Une version « premium » ajoute l’aspect mobilité et collaboration, avec une téléphonie pilotable depuis PC, tablette et smartphone, jusqu’à 80 utilisateurs.

L’opérateur propose, en fonction des offres, un bouquet de services complémentaires : fax intégré à la messagerie, création de site web, suite de sécurité, ligne ascenseur sur Livebox avec batterie de secours, etc.

7- Les opérateurs « alternatifs »

Dans la catégorie « standard téléphonique interne », Nerim s’est positionné avec trois formules de 29 à 430 euros HT par mois qui prennent respectivement en charge 2, 15 et 30 canaux voix. On y retrouve les fonctions essentielles de gestion des appels, aux côtés de la conférence téléphonique et de la messagerie vocale unifiée.

Dans la gamme centrex, le ticket d’entrée est à 7,50 euros HT par mois pour chaque poste, forfait fixe inclus avec appels nationaux. Plusieurs paliers (de 11,50 à 25 euros) permettent d’intégrer forfait mobile et/ou appels à l’international. Il faut y ajouter le coût des téléphones, d’éventuels terminaux de conférence IP (proposés à l’achat comptant ou à la location sur 36 mois) et de services en option tels que le serveur vocal interactif.

Nerim dispose aussi d’un catalogue d’équipements . On y trouve notamment un standard téléphonique Alcatel-Lucent déployable sur site, en environnements RTC, RNIS (lignes numériques) et IP.

Nerim s’appuie sur deux fournisseurs de transit : Deutsche Telekom et Telia Sonera. Il dispose de 450 accords d’échange de trafic et de partenariats avec plusieurs opérateurs de réseaux d’initiative publique (RIP) : Axione, Covage, Tutor, Capaix Connectic et Altitude Infrastructure.

Codepi aussi a du centrex au catalogue, sur la base des technologies du fournisseur européen Centile Telecom Applications.

L’opérateur – basé en Île-de-France comme Nerim – propose des accès ADSL en « bi-VC » au sens où la connexion est dédoublée. Le débit est alors moindre, mais garanti et symétrique (320 kbit/s) sur l’un des deux liens.

Sur ce support ADSL peut être greffée, pour les petites structures, l’offre Intégral Pro, qui permet deux appels simultanés.

Pour passer aux communications IP tout en conservant un standard téléphonique RTC sur site, il y a l’offre IP Trunk Global, sur liaison SDSL (jusqu’à 10 Mbit/s symétriques).

Codepi propose par ailleurs des solutions qui permettent de faire le pont avec un standard interne compatible IP, avec ou sans liaison data.

Centile Telecom Applications est aussi derrière l’offre centrex de Hub One. Son prix s’échelonne de 7,90 à 14,90 euros HT par mois pour chaque poste, en fonction de la taille du parc.

L’espace web destiné à piloter la téléphonie permet notamment de gérer l’intégration de logiciels tiers. On retrouve les fonctions de conférence (jusqu’à 8 participants), de partage de documents et d’unification du journal d’appels.

En plus des GTR associées à ses différentes offres de liens d’accès (ADSL, SDSL jusqu’à 4 Mbit/s et fibre jusqu’à 100 Mbit/s), Hub One communique un autre indicateur de qualité de service. Il s’engage sur une durée maximale d’indisponibilité de 10 heures par an (ou 6 h si l’accès est doublé avec un lien de secours).

* Fax, terminaux à cartes, compteurs, télésurveillance… La Fédération française des télécoms s’est penchée sur la question du basculement des « usages spéciaux ». Elle en a déduit qu’il allait falloir approfondir les conditions de mise en œuvre, certains paramétrages se révélant « antagonistes » à ceux préconisés pour un bon fonctionnement des services de voix sur IP.

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