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Telegram : vers une ICO record à potentiellement 2 milliards de dollars

Ils ont été 81 à mettre au pot, pour un montant global de 850 millions de dollars.

Eux, ce sont les investisseurs qui ont pris part à la première phase de l’ICO organisée par Telegram.

L’entreprise née en 2013 sous l’impulsion des frères russes Pavel et Nikolaï Dourov a activé ce levier participatif pour financer le développement, autour de son application de messagerie chiffrée qui fédère 170 millions d’utilisateurs actifs, d’une économie de services décentralisés baptisée TON (« Telegram Open Network »).

Le moteur de cette économie sera le Gram, du nom du token émis dans le cadre de l’ICO.

Un document communiqué en date du 13 février 2018 à la SEC – Securities and Exchange Commission, gendarme des marchés financiers aux États-Unis – fait état de cette opération qui implique deux entités : Telegram… et une société « TON Issuer », fondée cette année aux îles Vierges britanniques.

L’ICO en elle-même n’interviendra qu’en mars, selon la feuille de route du projet. Les 850 millions de dollars ont été injectés à l’occasion de la prévente, qui était réservée aux institutionnels et aux individus faisant partie du cercle de confiance des Dourov.

L’attrait du Gram

Aux dernières nouvelles, l’objectif de financement avait été établi à 600 millions de dollars. L’opération aurait donc été sursouscrite.

Les remises pratiquées (jusqu’à 70 % sur le prix unitaire du Gram, annoncé à 97 cents pour l’ICO) ont probablement stimulé la demande… y compris par des spéculateurs : d’après Bloomberg, certains investisseurs se prépareraient déjà à revendre, quand bien même les tokens ne devraient pas entrer en leur possession avant fin 2018, parallèlement au lancement d’une première version stable du TON.

Il faudrait même attendre le 1er trimestre 2019 pour que la cotation desdits tokens démarre sur des plates-formes d’échange.

À cette échéance émergerait une première vague de services décentralisés : VPN, micropaiement et stockage.

L’ensemble reposerait sur une blockchain « divisible » capable de traiter des millions de transactions à la seconde, avec une moindre consommation d’énergie, entre autres grâce à l’utilisation d’un protocole de consensus par preuve d’enjeu (Proof-of-stake, où la quantité de crypto-monnaie possédée détermine la capacité à valider des blocs).

La plate-forme serait ouverte aux développeurs souhaitant y héberger des applications décentralisées. Il est question de la détacher de l’application de messagerie à l’horizon 2021 pour basculer sur un modèle de gestion communautaire, en open source (« Telegram Open Network » devenant alors simplement « Open Network »).

Telegram peut miser sur sa popularité dans la communauté des crypto-monnaies : plus de 60 % des projets d’ICO l’utiliseraient. Dans la lignée du succès de la prévente, l’objectif global de financement pourrait être porté à 2 milliards de dollars, selon TechCrunch.

Crédit photo : DigitalMajority via Visual Hunt / CC BY-NC-SA