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Tribune Carole Gay – AFA : l’Internet plus sûr se fera sans grooming

Le 11 février avait lieu le Safer Internet Day (jour pour un Internet plus sûr). Il s’agit d’un événement annuel créé par la Commission Européenne et qui a pour but de motiver toutes les pays membres de l’UE à s’engager pour l’élaboration d’un Web plus sûr. Institutionnels, industriels, associations, éducateurs, parents et jeunes sont mis à contributions dans de nombreuses initiatives qui auront lieu pendant tout le mois de février.

Carole Gay, responsable des Affaires juridiques et réglementaires à l’Association des fournisseurs d’accès et de services Internet (AFA), profite de cette occasion pour évoquer une pratique malheureusement courante sur Internet et qui vise les internautes les plus jeunes : le « grooming« .

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Saviez-vous que près de 90 % des 13-18 ans se connectent seuls à Internet ? Léa – 13 ans – fait partie de ceux-là. Aujourd’hui, elle joue en réseau dans sa chambre, loin du regard des parents, lorsque Hugo_98 entre en contact avec elle. Il a 15 ans et la photo de son profil semble plutôt engageante. Seulement voilà, très vite le jeu en ligne devient un prétexte pour des sollicitations pressantes : obtenir des infos personnelles, allumer sa webcam, se rencontrer… Ce que Léa ignore, c’est que derrière cette fausse identité se cache un adulte. Cette pratique a un nom : le « grooming ». Elle se produit lorsque des adultes malveillants utilisent les réseaux sociaux, les forums de discussion, les sites de jeux vidéo pour préparer des enfants à l’abus en prétendant être eux-mêmes des enfants… De quoi glacer le sang !

Selon une étude réalisée en 2011 par le réseau EU Kids Online auprès de 25 000 jeunes dans 33 pays, 59% des 9-16 ans sont présents sur les réseaux sociaux et un quart d’entre eux a un profil public accessible à tout le monde. De même, le baromètre 2011 « Enfants et Internet », publié par Calysto avec le soutien de la Voix de l’Enfant révèle que 39% des 13-15 ans sont déjà entrés en contact avec des inconnus en jouant en ligne. 23% des 11-13 ans discutent avec des personnes qu’ils n’ont jamais vues sur des messageries instantanées et 15% des jeunes de cette tranche se sont déjà retrouvés face à un adulte alors qu’ils pensaient discuter avec quelqu’un de leur âge. L’âge moyen des enfants accédant à Internet diminuant progressivement d’année en année, ces derniers deviennent des cibles encore plus fragiles.

Un pseudo peut en cacher un autre

Tout comme les enfants de moins de 13 ans passent outre les conditions générales d’utilisation de la plupart des réseaux sociaux en déclarant un âge plus élevé lors de leur inscription, les adultes malintentionnés se créent facilement des profils sur mesure qui n’ont rien à voir avec la personne qu’ils sont en réalité. Caché derrière mon écran, je peux prétendre être qui je veux.

Il ne s’agit cependant pas de diaboliser le web, qui reste une source de connaissance et de plaisir. Et c’est aussi sur Internet que l’on trouve des outils pour enrayer et prévenir la cybercriminalité : les logiciels de contrôle parental, les services de signalement en ligne permettant d’obtenir un retrait rapide du contenu illégal par l’hébergeur et l’appréhension des auteurs des infractions par la police…. Le « grooming », ou « le fait pour un majeur de faire des propositions sexuelles à un mineur de quinze ans ou à une personne se présentant comme telle en utilisant un moyen de communication électronique » est réprimé à l’article 227-22-1 du code pénal depuis 2007 et est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

En 2013, le service de signalement Pointdecontact.net a notamment transmis à la plate-forme PHAROS de l’Office Central de lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC) le signalement d’une famille qui dénonçait les propos tenus par un utilisateur sur un jeu en ligne. Les constatations effectuées ont permis d’établir qu’un jeune majeur, localisé sur le secteur de Montpellier, utilisait plusieurs faux comptes pour faire du « grooming« .

La lutte contre le « grooming » s’inscrit dans le cadre d’un combat plus global mené actuellement par les Ministères et plusieurs associations contre le harcèlement. Le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE) a ainsi lancé, en partenariat avec l’association e-Enfance et deux syndicats lycéens, une campagne intitulée « Stop au harcèlement sur Internet », qui permet à toute personne à partir de 13 ans de s’engager contre ce phénomène en signant une pétition. Objectif : 10 000 signatures.

Carole Gay, Responsable des Affaires Juridiques et Réglementaires à l’Association des Fournisseurs d’Accès et de Services Internet (AFA).

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