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Convargo lève des fonds : cap sur l’Europe pour ubériser le fret routier

Un directeur produit, un développeur front-end React/Redux/GraphQL, un responsable affrètement, un chargé de service client… On recrute chez Convargo.

La start-up née l’an dernier à Paris veut développer son activité en France, dans la lignée d’un tour de table de 16 millions d’euros.

Le fonds russe InVenture Partners est dans la boucle, au même titre que l’allemand Earlybird, qui compte dans son portefeuille des sociétés comme Movinga et N26.

Fondateur de Nest (start-up IoT acquise par Google début 2014), Tony Fadell contribue également à cette opération de financement.

Il était déjà de la levée d’amorçage que Convargo avait officialisée à la mi-2016, pour un montant avoisinant les 2 millions d’euros.

Ubérisation ?

D’autres business angels de renom avaient mis un ticket à cette occasion. Parmi eux, Xavier Niel (Iliad-Free), le duo Olivier Mathiot – Pierre Kosciusko-Morizet (Priceminister), Jean-David Blanc (Allociné) et Jacques-Antoine Granjon (vente-privee.com).

Roger Crook, ancien directeur monde de DHL, était aussi de la partie – et remet d’ailleurs au pot. Sa participation reflète le positionnement de Convargo, qui exploite, depuis septembre 2016, une plate-forme de mise en relation entre expéditeurs de marchandises et transporteurs routiers.

À partir des besoins qu’ils formulent, les expéditeurs – ou « donneurs d’ordre » – obtiennent une cotation* déterminée par un algorithme (concept de « devis instantané »).

Les critères pris en compte incluent les lieux de chargement et de livraison, les dates et créneaux horaires pour l’enlèvement ou encore le volume de la marchandise (définissable en « longueur, largeur, hauteur », en nombre de palettes standard ou en linéaire plancher), sa nature et son conditionnement.

Les transporteurs inscrits sur la plate-forme (ils sont 2 000, pour un parc global de 120 000 camions) et qui ont des capacités disponibles peuvent prendre connaissance de l’offre et éventuellement l’accepter en lui affectant un chauffeur.

L’Europe sous un nouveau nom

En se rémunérant par une commission « variable » sur le montant que paye le donneur d’ordre, Convargo se dit en mesure de fournir gratuitement le service aux transporteurs, contrairement aux bourses de fret. La start-up précise également, dans son aide en ligne, ne pas utiliser de système d’enchères inversées et garantir un paiement dans les 30 jours suivant l’émission du bon de livraison.

Positionné pour l’heure sur les marchés du bâché, du tautliner, du fourgon et de la savoyarde avec un réseau d’environ 50 000 camions, Convargo compte aller vers des modes de transport plus spécifiques : benne, citerne, plateaux, température dirigée…

Visant un chiffre d’affaires de 4 à 5 millions d’euros en 2017, la SAS envisage d’ouvrir, l’an prochain, des bureaux en Europe. Elle compte changer de nom dans le cadre de cette expansion.

Sur la feuille de route figure aussi le développement, pour les grands comptes (comme Auchan.fr et Procter & Gamble, avec lesquels des expérimentations sont en cours), de prestations régulières à volumes d’expéditions importants, en s’interconnectant avec leurs systèmes informatiques.

Président-fondateur de Convargo, Maxime Legardez souhaite par ailleurs réduire les délais de paiement à 72 heures.

Diplômé de l’EDHEC Business School, il a contribué, entre l’Allemagne, le Brésil et la Malaisie, au lancement de plusieurs sociétés dont Tirendo et GlassesGroupGlobal, respectivement spécialisées dans la vente en ligne de pneus et de lunettes.

* Convargo géolocalise le smartphone du livreur pour permettre un suivi de l’acheminent de la marchandise. Sa prestation inclut également le contrôle des bons de livraison et la gestion des factures.

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