Comment l’ascenseur mène sa révolution numérique

L’ascenseur n’est plus un équipement isolé et indépendant : connecté, augmenté, il devient « la colonne vertébrale numérique du bâtiment », au cœur d’une gamme de services numériques. Et pas seulement dans le neuf : l’ascenseur connecté peut très bien rendre « smart » un bâtiment Haussmannien. Analyse d’une (r)évolution avec Cédric de la Chapelle, Directeur de la modernisation chez KONE France.

Une révolution numérique

« Nous ne nous voyons plus comme un ascensoriste : nous sommes désormais un acteur de la mobilité et des services connectés » insiste Cédric de la Chapelle. Il faut dire que l’entreprise plus que centenaire (elle vient de fêter ses 110 ans) a initié cette mutation dès 2016, avec une certitude : l’ascenseur devait être au cœur de la transformation numérique des bâtiments, pour répondre aux attentes nouvelles des clients comme des usagers. Après plusieurs années de recherche et développement, une offre de services est proposée dès 2018.

Aujourd’hui, tous les ascenseurs de la marque sont nativement connectés.

« Un ascenseur connecté est, pour nous, un ascenseur qui peut envoyer et recevoir des informations, interagir avec d’autres équipements, avec les usagers, avec les gestionnaires… » résume Cédric de la Chapelle. Et chez KONE, l’ascenseur connecté n’est pas réservé au bâtiment neuf. Il s’installe aussi dans l’ancien – là où l’essentiel du parc est déployé – et sur toutes les marques !

Toute une gamme de services

Le service vedette de l’ascenseur connecté est la maintenance prédictive : grâce à de multiples capteurs collectant en continu des informations, les risques de panne sont évalués par une Intelligence Artificielle. Un technicien est alerté avant que la panne ne survienne : finis les usagers privés d’ascenseur ou, pire, coincés dans une cabine. Le service séduit : chez KONE France, qui revendique plus de 10 000 ascenseurs équipés de la maintenance prédictive, 98% des clients reconduisent leur contrat annuel !

Mais les services connectés vont au-delà de la « surveillance technique ». Grâce à des technologies et services proposés par des partenaires, c’est tout un écosystème qui se crée autour de l’ascenseur KONE. Par exemple ? Des écrans connectés dans les cabines, un service choisi récemment par un important bailleur social pour diffuser des informations aux locataires. Ou des « robots room-service » qui, dans un grand hôtel, appellent et utilisent les ascenseurs en toute autonomie. Ou encore la possibilité pour un usager d’appeler l’ascenseur depuis son appartement lorsqu’il s’apprête à sortir, via son smartphone ou en interpellant son assistant vocal Alexa…

Créer un écosystème autour d’une plateforme ouverte

« Nous voulons constituer un système ouvert et proposer notamment via des partenaires, grands acteurs du numérique ou startups innovantes, des services destinés aux usagers, constructeurs, gestionnaires de bâtiment » résume Cédric de la Chapelle. Des services parfois développés à la demande des clients, comme l’intégration des données de l’ascenseur au système de GMAO (gestion de maintenance assistée par ordinateur) du bâtiment.

Et aujourd’hui, en période de pandémie, ces services connectés rassemblés dans une plateforme ouverte prouvent leur pertinence. Appeler l’ascenseur sans contact (vocalement ou via son smartphone) devient un « geste barrière » apprécié. Les services connectés participent aux changements d’usage des bâtiments, accompagnant ces hôtels qui transforment des chambres en bureaux. Un service de comptage des personnes permettra de respecter une jauge de fréquentation dans un bâtiment…

Interagir avec les différents éléments du bâtiment

Pour Cédric de la Chapelle, cette évolution est naturelle : « L’ascenseur est au cœur des bâtiments et de la vie de ses utilisateurs : KONE transporte chaque semaine, dans le monde, 7 milliards d’usagers ! Il est donc essentiel qu’il interagisse avec les autres éléments du bâtiment, et en devienne la colonne vertébrale numérique pour accroitre le confort et la sécurité, simplifier le quotidien, rendre le bâtiment plus agile dans ses transformations, rationaliser les investissements et la maintenance… De nombreux services vont apparaitre, que nous n’imaginons pas encore aujourd’hui. C’est aussi pour cela que nous nous entourons de partenaires – et les startups innovantes qui auraient des idées à nous suggérer sont les bienvenues ! »

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samira tighermine

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