4G – 800 MHz : les opérateurs télécoms se brouillent avec la TNT

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Jusqu’à 20% des foyers français pourraient être concernés par les interférences entre la télévision numérique terrestre (TNT) et le très haut débit mobile (4G) déployé dans la bande de fréquence à 800 MHz.

Engagés sur le chantier du très haut débit mobile, Bouygues Telecom, Orange et SFR ont donné la priorité à la bande de fréquence à 2,6 GHz pour déployer leurs réseaux 4G respectifs.

Pour étendre leur couverture du territoire, ils visent désormais l’exploitation commerciale des licences obtenues dans le spectre à 800 MHz.

Héritées de la télévision analogique, ces “fréquences en or” sont d’autant plus convoitées qu’elles possèdent une meilleure capacité de pénétration dans les immeubles et une portée accrue en zone rurale.

Orange et Bouygues Telecom possèdent chacun un lot à 10 MHz en duplex. SFR, qui a mis plus d’un milliard d’euros sur la table en décembre 2011, en détient deux.

Mais à l’heure d’attribuer ces fréquences, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) redoutait des interférences avec la TNT, délivrée sur une bande très proche, en l’occurrence à 790 MHz.

Des tests effectués dans la foulée à Laval (Mayenne) avaient mis le phénomène en évidence.

Les expérimentations menées depuis plusieurs mois sous le contrôle de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) ont achevé d’avérer ces risques qui se répercutent, selon le Journal du Dimanche, dans pas moins de 1500 immeubles en France.

Certaines antennes domestiques captent par erreur les fréquences dédiées à la 4G, ce qui perturbe la réception des chaînes TV.

Le constat est éloquent à Lille ou encore à Saint-Étienne (préfecture de la Loire), où 470 cas ont été relevés pour seulement 70 stations LTE installées.

Le gouvernement, qui estimait initialement que cette contrariété concernerait au plus 2% des foyers français, pourrait revoir son évaluation à la hausse. Jusqu’à 20%, selon Bouygues Telecom.

Il existe bien une parade (poser un filtre entre l’antenne et le poste de télévision), mais il reste à savoir qui financera l’installation de ce dispositif : l’État ou les opérateurs ?

Ces derniers sont tenus, selon la loi, de “prendre [, en cas de brouillage,] les mesures nécessaires permettant de rétablir la réception des services de télévision par tout moyen approprié“.

Chaque intervention d’un technicien revenant à une centaine d’euros, la facture pourrait être conséquente, plus encore alors que le déploiement de la 4G s’accélère.

Au nom de l’extension de l’Internet mobile à très haut débit, l’Etat envisage d’ailleurs de réattribuer aux télécoms une partie des fréquences à 700 MHz actuellement réservées à la télévision hertzienne.

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Crédit illustration : alexmillos – Shutterstock.com


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