Le modèle Adblock Plus tient toujours malgré les attaques

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Victoire judiciaire importante pour l’éditeur d’Adblock Plus. Son modèle économique a été validé par l’équivalent allemand de notre Cour de cassation.

Qui pour faire plier Eyeo ?

L’éditeur d’Adblock Plus a enregistré une nouvelle victoire judiciaire face à un groupe média. Il l’a emporté contre Axel Springer devant la Cour fédérale allemande (Bundesrichtshof).

La juridiction de dernière instance en matière civile entendait l’appel d’un jugement du tribunal provincial supérieur de Cologne (Oberlandesgericht Köln). Elle a rendu, ce 19 avril 2018, un verdict apparenté à ceux des tribunaux provinciaux de Hambourg et de Munich, qui ont également tranché, dans des affaires distinctes, en faveur d’Eyeo.

Au cœur du débat, le modèle économique d’Adblock Plus et son programme « Acceptable Ads » exploité depuis 2011.

Pour entrer dans la liste blanche associée à ce programme et ainsi apparaître même chez les utilisateurs qui ont installé le bloqueur, les publicités doivent répondre à des critères de taille, de placement et de contenu définis par Eyeo avec sa communauté.

Adblock Plus n’est pas capable de faire lui-même le tri : éditeurs et annonceurs sont invités à signer des accords de « coopération ».

Pas d’exception Axel Springer

Eyeo assure qu’environ 90 % de ces « partenaires » entrent « gratuitement » dans la boucle. Les 10 % restants sont considérés comme de « grandes entités » au sens où le non-filtrage de leurs publicités leur faire gagner au moins 10 millions d’impressions par mois sur l’ensemble de leurs publications en ligne.

Pour accéder à la liste blanche activée par défaut chez les utilisateurs d’Adblock Plus, ces « grandes entités » doivent partager leurs revenus (en règle générale, 30 % du C.A. réalisé grâce aux publicités « acceptables »).

Le tribunal provincial supérieur de Cologne n’avait pas remis en cause l’exploitation même du bloqueur de pub. Il avait toutefois introduit, en faveur d’Axel Springer, une exception au système de liste blanche, considérant qu’il violait la loi antitrust entrée en vigueur en décembre 2015 sur le fondement d’une directive européenne pour la protection des consommateurs.

La Cour fédérale a jugé que cette exception n’avait pas lieu d’être… et a débouté Axel Springer du reste de ses demandes. Elle a notamment estimé que l’impact sur l’activité du groupe média n’était pas « intentionnel », le blocage de la pub s’appliquant à de nombreux autres sites Web. Sans compter que c’est l’utilisateur qui choisit d’installer le logiciel.

Autre constat : Axel Springer est en capacité de prendre des mesures face aux utilisateurs d’adblockers. Que ce soit par des restrictions (qualité basse pour les vidéos, pas de plein écran pour les diaporamas…) ou tout simplement en bloquant l’accès.


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