Adobe fond PageMaker dans InDesign

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C’en est fini du PageMaker des années PAO ! Pour les vingt ans du Mac, Adobe réunit le logiciel qui a fait le Macintosh avec son tout jeune InDesign. Mais les utilisateurs ne devraient pas y perdre puisque l’éditeur cherche à assurer une transition indolore.

PageMaker est mort, vive PageMaker ! La formule n’est pas anodine : l’ancêtre de la publication assistée par ordinateur (PAO) ne disparaît pas vraiment. Il est désormais proposé comme pack additionnel à InDesign CS (voir édition du 10 juillet 2001). En fait, Adobe a conçu un ensemble de plug-ins, des modèles professionnels et des supports de formation pour aider les utilisateurs de PageMaker à migrer. Mais qui sont donc ces marginaux ? En fait, PageMaker est utilisé principalement en entreprise (53 % des utilisateurs recensés par Adobe), tandis que la création représente 33 % et l’enseignement 12 % des habitués de l’application. 70 % des revenus proviennent des applications pour Windows et 30 % de celles pour le Mac, une répartition similaire à celle que connaissait Adobe en 2002 pour l’ensemble de ses revenus. Une tendance que l’éditeur souligne depuis 2001 (voir édition du 6 juillet 2001) et qui se sera sans doute renforcée en 2003 comme le montreront les prochains résultats d’Adobe. Aujourd’hui encore, PageMaker n’est que rarement utilisé pour l’impression de documents en interne, mais plus pour la mise en page de brochures destinées à être imprimées ou reprographiées par des professionnels.

Transition en douceur

Le pack PageMaker pour InDesign CS doit permettre aux utilisateurs de PageMaker de ne pas perdre leur environnement de travail, tout en profitant du portage de l’application sous Mac OS X (pour les utilisateurs de la version Mac) et des bénéfices de l’intégration des applications de l’éditeur. Les utilisateurs bénéficieront ainsi de la transparence, des dégradés, des annulations multiples, du PDF, de l’édition de tableaux ou des textes curvilignes. Surtout, le nouvel InDesign CS PageMaker Edition permet d’étendre les possibilités de conversion aux documents PageMaker 6, 6.5 et 7.x, ainsi qu’à QuarkXpress 3.3 et 4.x. Le pack devrait être disponible au printemps à des prix déjà définis : InDesign CS Edition PageMaker sera proposé à 499 euros HT ; les utilisateurs déjà équipés d’InDesign pourront adopter le pack PageMaker pour 69 euros ; enfin, une offre de passage à InDesign pour les utilisateurs de PageMaker devrait être proposée.

En fondant PageMaker dans InDesign, Adobe fait disparaître du marché le nom de l’ancêtre de la PAO à l’occasion des vingt ans du Mac. La version 1.0 de PageMaker est sortie en 1985, l’année même où Apple adoptait PostScript et commercialisait la première LaserWriter. PageMaker, créé par Paul Brainerd, avait été édité par la société Aldus, absorbée dix ans plus tard par Adobe. La version pour Mac est apparue en juillet 1985 et celle pour Windows en 1986, quelques mois après la commercialisation de Windows. La disparition de ce titre a valeur de symbole, soulignant le tournant pris par Apple : les marchés porteurs du Mac sont passés de la PAO à l’audiovisuel (voir édition du 26 juillet 2001). L’esprit de PageMaker devrait tout de même survivre avec ses utilisateurs auxquels Adobe promet une migration vers InDesign tout en douceur.


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