Apple en pleine transition

Mobilité

On le sait, Apple a amorcé son passage d’un vieil OS vers une version d’Unix pour Mac. Mais ce mouvement ne va pas s’arrêter là et la firme semble prendre le chemin de la vente de ses produits aux entreprises. Deux raisons à cela : Cocoa et WebObjects. Décomposition topologique.

Le problème que pose Apple au monde de l’entreprise tient dans le manque de visibilité de ses produits et de ses solutions. Sur plusieurs points : pas de plan à long terme (généralement 3 ans dans le monde de l’entreprise), pas de communication sur ses solutions et aucune mise en avant des atouts de ses technologies. Conséquence directe : la plate-forme de Cupertino passe pour un produit de “dandy”, de créatif ou de cadre supérieur qui veut “en jeter”. Pourtant, si Apple n’est pas très connue dans l’entreprise, elle est bien plus populaire qu’on veut bien le dire. Et les sociétés qui ont déployé des solutions Apple ne jurent que par elles.

Tout ceci pourrait bien changer sous peu. En effet, Apple a discrètement instillé dans sa plate-forme deux outils plus que totalement orientés vers les entreprises : Cocoa et Webobjects ! Cocoa n’est autre qu’une évolution de NextStep, un ensemble de fonctions très élaborées de construction d’applications. Issu de la société fondée par Steve Jobs (NeXT) après son départ d’Apple en 1986, NextStep a connu depuis des évolutions successives, s’appelant tour à tour OpenStep, Yellowbox et enfin Cocoa. La plupart des développeurs tombent d’accord sur le fait que cet environnement est de loin le plus simple à utiliser. Point d’orgue de ce changement, l’implémentation de Java 2 par Apple ne suscite que des louanges (voir édition du 7 juin 2000) : l’avenir est aux solutions orientées Web et Java en est l’esperanto. Il apparaît que les solutions d’Apple dans cet idiome sont les plus avancées aux yeux des développeurs.

Et puisque Web il y a et Web il y aura, la seconde solution, “objet” de toute l’attention des développeurs, n’est autre que “WebObjects” (voir édition du 18 mai 2000), une application considérée elle aussi comme la plus simple pour le développement d’applications Web personnalisées, en comparaison des autres outils existants. Une “application Web” n’est autre qu’une application utilisant un navigateur (avec ou sans Java) comme interface. Le tout est “télécontrôlable” et peut fonctionner sur Internet ou Intranet dans une configuration client-serveur. Dans une entreprise, où le contrôle des coûts est un cheval de bataille quotidien, le déploiement d’une solution de ce type signifie que l’implémentation de tout nouvel outil sera accélérée, que la formation sera écourtée et la productivité multipliée.

Gros avantage de ces deux solutions d’Apple, on apprend à programmer une fois pour toute et on réutilise le code en l’adaptant. Et ce d’autant plus que l’une et l’autre s’appuient sur une structure de base appelée Enterprise Object Framework (EOF), qui est en mesure de connecter les applications développées sur Cocoa ou Webojects à n’importe quelle base de donnée existante. Conséquence industrielle, les entreprises pourront bénéficier d’un effet de levier en termes de productivité qu’elles ne connaissent pas par ailleurs. Pour exemple, on notera que l’environnement Unix du nouvel OS d’Apple est connectable, sans grands efforts, à toutes les applications qui tournent sur cette plate-forme dans le monde de l’entreprise. Les solutions d’entreprise comme celles d’Oracle, de SAP ou de JDEdwards s’en trouveront d’autant plus accessibles.

Alors, Apple comme solution de référence pour les entreprises dans les années à venir ? Ce ne serait pas étonnant et ce d’autant plus que toutes les solutions en question sont issues du rachat de NeXT, dont les équipes étaient fortement orientées sur le déploiement de solutions d’entreprises. Reste un écueil : réaliser le passage d’un monde à l’autre tout en conservant sa base de clients. Et c’est là qu’on comprend mieux la mise en avant de Carbon et de la compatibilité ascendante des produits déjà existants (voir édition du 26 janvier 2000). Apple doit amener le plus de gens possible à MacOS X avant de pouvoir vanter les mérites (cachés) de cette solution aux entreprises. Dans une configuration où l’application provient du serveur ou de l’Internet et n’est pas implantée sur la machine, on voit bien que les solutions d’Apple ont quelque chose à apporter.

Pour en savoir plus :

Le site WebObjects d’Apple (en anglais)


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