Apple présente le format Mpeg-4 part 10

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Le salon NAB 2004, qui se tient actuellement à Las Vegas, a été l’occasion pour Apple de présenter le format vidéo h.264, également appelé Mpeg-4 part 10 ou AVC.

Pour Apple, le NAB 2004, le salon de l’association nationale des diffuseurs, a été l’occasion de faire la présentation de nombreux logiciels. Trois faits marquants ont été retenus : la firme à la Pomme a dévoilé une solution de SAN, s’engage aux côtés de Matsushita/Panasonic pour le HD et prolonge sa suite logicielle professionnelle vidéo avec Motion, un logiciel d’effets spéciaux. Mais la présentation d’un nouveau type de codage vidéo, intitulé MPEG-4 part 10 ou h.264, est passée plus inaperçue. Officiellement, le groupe qui s’est chargé du développement de cette méthodologie de codage entend l’appeler AVC (Advanced Video Coding). A l’inverse de Pixlet, un codec vidéo utilisé par les professionnels pour travailler sur leur films, l’AVC est une méthode d’encodage pour des supports de diffusion : il pourra être utilisé tant sur un téléphone portable de dernière génération que pour de la télévision haute définition ou des DVD… Sur le stand d’Apple, Frank Casanova, le spécialiste des technologies QuickTime de la firme, se délectait, selon nos confrères de MacCentral, de présenter cette technologie qui n’est pourtant pas issue directement de ses laboratoires. AVC n’est autre que la symbiose entre la méthodologie d’encodage d’un codec destiné à la vidéotéléphonie (nommé h.263) et du Mpeg-4 (le successeur du Mpeg-2). Il s’agit d’un travail de réflexion mené depuis sept ans sur la base des travaux du Motion Picture Expert Group (MPEG) et du Video Coding Expert Group (VCEG) de l’ITU (International Telecommunication Union). Ce sont les travaux de ce dernier groupe qui ont principalement fait avancer cette méthode d’encodage adoptée en un tournemain par Apple.

Un intérêt technique et stratégique

Les raisons de cette adoption par la firme de Cupertino sont multiples : techniques d’une part, en raison de la très haute flexibilité de la méthodologie et de la qualité poussée qu’elle offre. Pour les fabricants, ce codec est du pain béni : il permet d’obtenir une meilleure qualité que le Mpeg-4 (voir édition du 24 février 2003) avec un niveau de compression plus élevé (voir encadré). Pour Apple, l’adoption de l’AVC est aussi stratégique : elle lui laisse le champ libre pour devenir incontournable dans les métiers de la vidéo. Surtout, AVC se pose en format alternatif au format propriétaire pour DVD de Microsoft, le WMV HD. AVC, de son côté, est ouvert, son fonctionnement et ses caractéristiques sont connus par les professionnels. Les licences sont actuellement commercialisées conjointement par l’ITU-T et le MPEG-LA (voir édition du 12 février 2003). L’arrivée de ce format de codage est une nouvelle étape sur la longue route de la distribution d’oeuvres vidéo numériques. Au bout de cette route, on trouve aussi bien la diffusion de vidéo à la demande sur les écrans haute définition des particuliers que la diffusion de films numériques en salles de cinéma par le biais d’une liaison haut débit. Et entre l’AVC et le WMV HD, les camps se sont déjà formés : Microsoft, bien que partie prenante du MPEG-LA, tient une position isolée, poussant son format propriétaire, tandis qu’Apple soutient clairement le format retenu par France Telecom, Fujitsu, LG Electronics, Matsushita, Motorola et beaucoup d’autres.


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