Après la France, l’Italie réclame l’Open Source

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En Italie, un groupe de professionnels des technologies de l’information s’alarme de la dépendance de l’administration vis-à-vis de Microsoft. Et demande au gouvernement de passer au logiciel libre. En France, une mission parlementaire “d’analyse des systèmes d’information des administrations” rendra son rapport début décembre. Le logiciel libre semble incontournable.

La lettre ouverte compte très exactement 968 signataires, tous professionnels italiens des technologies de l’information. Parmi eux, des personnalités de premier plan tel Giancardo Fornari, responsable des relations publiques au ministère des Finances, Salvatore Tutino, directeur de la Secit tax investigators’ unit et Carlo Rienzi, président d’une association de consommateurs italienne. La lettre, intitulée “Dépendance de l’Etat italien vis-à-vis de Microsoft” et datée du 19 octobre, est adressée au département de la fonction publique, à l’autorité pour les technologies de l’information dans l’administration publique ainsi qu’au ministre des Finances. Ses signataires tiennent à alerter les autorités à la fois sur le surcoût et sur les dangers que représente la dépendance de l’administration italienne vis-à-vis de Microsoft.

Ils insistent sur l’obligation de fait dans laquelle se trouve le gouvernement, contraint de renouveler ses logiciels au moins tous les deux ans pour se maintenir au niveau de “l’état de l’art”. “Si un ministère qui a acquis la suite Office 2000 veut transmettre un document à ce format par disquette ou par e-mail à un autre ministère qui lui emploie toujours le produit Office de la version précédente, ce dernier ne pourra pas le lire”, clame la lettre. En parcourant le document, on retrouve ainsi l’argumentaire développé en France, qui a conduit notamment au dépôt d’un projet de loi par trois sénateurs en début d’année (voir édition du 7 janvier 2000).

La sécurité des produits Microsoft est également remise en cause, qu’il s’agisse des macrovirus dans Word, ou des attaques de hackers profitant de failles dans Outlook et sur les serveurs NT. L’emploi de Windows comme système d’exploitation y est aussi dénoncé comme représentant un surcoût à l’achat par rapport à Linux, l’exemple de solution Open Source par excellence. Star Office est aussi cité comme solution de bureautique gratuite offrant des fonctionnalités comparables à celles de Microsoft Office.

Aujourd’hui, l’administration française se tourne résolument vers les logiciels libres. Un pas devrait être franchi début décembre, après la remise au Premier ministre par Thierry Carcenac du rapport de la mission parlementaire “d’analyse des systèmes d’information des administrations” qui lui a été confié début juin. Bruno Mannoni en est le rapporteur, il explique que la mission procède actuellement à des auditions et qu’elle entrera en phase de rédaction dans le courant du mois de novembre.

“Actuellement, la place des logiciels libres dans l’administration est extrêmement faible, c’est tout à fait marginal”, confie-t-il, avant d’ajouter que des ministères ont déjà engagé des plans de migration. C’est le cas des ministères de la Culture et de l’Education nationale. Sans dévoiler le contenu d’un rapport qui n’est pas même encore rédigé et encore moins publié, Bruno Mannoni laisse entendre qu’il pourrait ensuite donner lieu à des initiatives en faveur du logiciel libre dans l’administration. Une loi ? Nous en saurons plus d’ici la fin de l’année.

Pour en savoir plus  :

* La lettre ouverte adressée au gouvernement italien (en italien)

* La mission Carcenac


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