Blockchain et assurance : Deloitte fait le lien via Facebook

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Deloitte s’est associé à Stratumn pour développer LenderBot, un système d’assurance P2P fondé sur la blockchain avec une identification via Facebook.

« Dans un premier temps, la blockchain ne va pas disrupter [sic] les tiers de confiance. Au contraire, elle va faciliter leur travail en réduisant la charge de collecte des données ».

Richard Caetano se veut rassurant à propos de l’expérimentation effectuée par sa société Stratumn en association avec le cabinet Deloitte et le fournisseur de solutions de paiement électronique Lemonway.

Les trois partenaires ont développé un prototype de micro-assurance P2P qui repose sur la même technologie de registre décentralisé que la monnaie bitcoin.

LenderBot – c’est son nom* – doit permettre d’assurer le prêt de matériel à haute valeur entre individus, la blockchain assurant la traçabilité de chaque étape de la contractualisation tripartite entre assurés et assureur.

Les clients sont identifiés grâce à leurs comptes Facebook et n’ont donc pas besoin de prouver leur identité à plusieurs reprises. Quant aux conditions du contrats, elles se gèrent sur Messenger (service de messagerie rattaché au réseau social), avec une fonctionnalité de signature électronique pour la validation.

Lemonway intervient pour traiter le paiement, inscrit dans la blockchain au même titre que la souscription de l’assurance, l’emprunt ou le retour du matériel.

De théorie en pratique

Pour Stratumn, c’est l’occasion de mettre en pratique ses technologies de certification des processus, basées sur un mécanisme de « chaîne d’audit » (traçabilité, horodatage) implémenté en JavaScript à travers le standard Chainscript.

Que se passe-t-il concrètement ? À chaque changement d’état dans un processus, un hash cryptographique est calculé et associé à des métadonnées au sein d’un fichier JSON qui devient un maillon infalsifiable de la « chaîne d’audit ». Le tout est exploitable via une API.

Cofondateur et COO de Stratumn, François Dorléans soulignait récemment, dans le cadre d’une session avec le Crédit Agricole et Keyrus, l’importance de multiplier sans plus attendre les expérimentations, à l’heure où les cycles d’innovation des acteurs financiers autour de la blockchain sont de l’ordre de 24 mois entre le premier prototype et la mise en production.

« Une fois qu’un PoC [preuve de concept] a validé un usage, les spécifications techniques peuvent se diffuser assez rapidement », expliquait-il en suggérant une réglementation a posteriori.

L’UE se trouve globalement sur la même ligne : le Parlement a réaffirmé, par le biais d’un rapport, la nécessité de faire émerger des modèles d’exploitation de la blockchain avant de légiférer, dans l’optique de ne pas perdre la bataille de l’innovation, entre autres dans les FinTech.

En la matière, on surveillera tout particulièrement l’évolution de la start-up new-yorkaise R3, parvenue à fédérer une quarantaine de banques dont JP Morgan, Goldman Sachs, Barclays, Société Générale et BNP Paribas.

* On évitera de confondre le projet avec son homonyme lenderbot, conçu pour gérer automatiquement des comptes sur la plate-forme de financement participatif Lending Club.

Crédit photo : De Mango – Shutterstock.com


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