Cash-back : Mailorama ne distribuera pas d’argent au pied de la Tour Eiffel

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Insolite : pour promouvoir son service de cash-back, Mailorama (groupe Rentabiliweb) va distribuer de l’argent dans la capitale. La préfecture de police veille au grain et le monde politique s’en mêle.

(Mise à jour 14 Novembre à 11h30 : L’évènement est finalement annulé)

Voici une opération de buzz marketing… qui fait du bruit.

Mailorama, spécialiste du cash-back (une commande e-commerce génère une commission à cumuler sur un compte) au sein du groupe Rentabiliweb, organise une distribution d’argent “en cash” dans les rues de Paris.

Un emballement médiatique a contraint les organisateurs à revoir leur plan initial. L’opération a mobilisé une soixantaine de personnes durant six mois (sécurité, logistique, communication) mais ils peuvent désormais se frotter les mains.

Interrogé par ITespresso.fr, Stéphane Boukris, responsable marketing de Mailorama, confirme que l’entreprise distribuera des dizaines de milliers d’euros en cash sans aucune contrepartie  “en fin de matinée” au pied de la Tour Eiffel sur le plateau Joffre (Mur de la Paix).

Dans les faits, des hôtesses situées dans un bus aux couleurs de Mailorama distribueront 5000 bourses contenant entre 5 et 500 euros chacune. Au moins 5000 billets de banque devraient ainsi être distribués.

Mailorama pense attirer“plusieurs milliers de personnes” pour cette opération. Le Père Noël serait-il un adepte du cash-back ?

Initiative moyennement appréciée à la préfecture de police de Paris

L’opération de Mailorama est atypique et elle n’est pas vraiment du goût de la police.

Cité par l’AFP, Michel Gaudin, préfet de police de Paris, déclare qu’il ne pourra pas s’opposer à cette initiative mais il met en garde : “la préfecture appliquera le droit […] et des contraventions seront dressées en cas de besoin.”

Le préfet a tenu à rappeler “que la distribution [d’argent, ndlr] n’est pas autorisée et est réprimée par le code pénal” en se basant sur l’article R. 642-4.

Le représentant de l’Etat précise que “le fait d’utiliser comme support d’une publicité quelconque des pièces de monnaie ou des billets de banque ayant cours légal en France ou émis par les institutions étrangères ou internationales habilitées à cette fin est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 2e classe (150 euros par infraction constatée).”

Stéphane Boukris précise de son coté que“la préfecture de police a travaillé avec nous pour faire en sorte que tout se passe dans la sécurité et dans la légalité”.

Enfin, pour se prémunir de toute critique, Mailorama a annoncé que son groupe reverserait un montant au Secours Populaire équivalent à ce qu’elle va distribuer à la tour Eiffel.

Reste à savoir si l’opération n’est tout de même pas risquée pour l’image de l’entreprise. Certains pourront l’accuser – à tort ou à raison – de jeter l’argent par les fenêtres… d’un cash-bus.

L’affaire prend une tournure politique
Dans un communiqué publié vendredi sur son site Internet, la fédération parisienne du Parti Radical de Gauche (PRG) s’est indignée de l’opération. Se disant “défenseur depuis toujours des valeurs humanistes et républicaines”, la formation politique “condamne fortement cette forme de publicité attentatoire à la fois à la dignité humaine et à l’ordre public”. Le parti demande d’ailleurs au préfet de police de Paris de “refuser d’autoriser cette distribution à visée publicitaire”. Selon le PRG, “ces distributions d’argent liquide surfent sur la souffrance des Français en temps de crise et les mouvements de foule qui vont inévitablement les accompagner risquent de provoquer des heurts, des bagarres voire des blessés”. “Nous refusons que les Parisiens soient transformés malgré eux en argument publicitaire sur fond de baisse du pouvoir d’achat” insiste le communiqué.

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