Cloud : la timidité des entreprises françaises

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L’Insee constate que l’adoption du cloud dans les PME françaises est en retrait par rapport à la moyenne européenne. Quels sont les obstacles perçus ?

En dépit des efforts consentis par les fournisseurs pour agrémenter leurs offres et les rendre plus « transparentes », les PME françaises hésitent encore à franchir le pas vers le cloud.

C’est l’un des constats établis par l’Insee dans le cadre d’une enquête – document PDF, 4 pages – sur les TIC et le commerce électronique réalisée début 2014. L’institut a interrogé un échantillon de 16 000 unités légales (sociétés ou entreprise individuelles) activés, occupant au moins 10 personnes et implantées en France métropolitaine ou dans les départements d’outre-mer.

Parmi les répondants, 12 % déclarent avoir acheté des services cloud en 2014. C’est plus qu’en Allemagne (11 %), mais moins qu’au niveau européen (19 %), où la Finlande (51 %) devance l’Italie (40 %).

En France, le niveau d’adoption du cloud est, en règle générale, fonction de la taille des entreprises : alors plus de 40 % des structures d’au moins 500 personnes l’exploitent, ce taux descend à 36 % pour les sociétés de 250 à 499 collaborateurs , à 14 % pour 20 à 249 personnes… et à 9 % pour les TPE de 10 à 19 collaborateurs.

Le secteur le plus friand du cloud reste l’information-communication : 39 % des sociétés de 10 à 249 personnes l’ont adopté… et plus de la moitié de celles comptant au moins 250 collaborateurs. Ce taux dépasse également les 50 % dans l’hébergement-restauration, mais il n’atteint que 5 % chez les plus petites entreprises (10 à 249 personnes).

La messagerie électronique domine le palmarès des services les plus utilisés : 62 % des sociétés consommatrices de cloud en achètent. Suivent le stockage de fichiers (61 %), l’hébergement de bases de données (49 %) et l’utilisation de logiciels bureautiques (32 %).

Cloud privé : pas plus rassurant

Les services plus avancés, qui requièrent a priori une dépendance plus importante de l’entreprise vis-à-vis du cloud, sont moins répandus. Illustration avec la comptabilité (26 %), la gestion de la relation client (23 %) et la puissance de calcul (14 %).

63 % des entreprises d’au moins 10 personnes qui utilisent le cloud le font sur des serveurs partagés (public). 55 %, via des serveurs dédiés (privé). 18 % exploitent ces deux types d’offres dans le cadre de configurations hybrides.

Là encore, l’information-communication se distingue : 71 % des entreprises de cette filière utilisent au moins un service de cloud privé. A l’inverse, le cloud public est exploité par 78 % des sociétés interrogées dans l’hébergement-restauration.

Mais les obstacles à la transition vers le cloud sont nombreux : 37 % des sondés évoquent des « coûts élevés ». Ils sont 31 % à faire part de leur inquiétude en matière de sécurité ; la même proportion s’interroge sur la localisation des données et la législation applicable.

Certains mentionnent aussi une « connaissance insuffisante », ainsi que des difficultés pour accéder aux données et aux logiciels, pour se désabonner ou changer de fournisseur. L’accès à des serveurs dédiées (cloud privé) ne diminue pas les craintes, tout particulièrement sur la sécurité des données.

Chez les sociétés de plus de 250 personnes, la sécurité constitue le premier obstacle (56 % des répondants). Vient ensuite la localisation des données (46 %). Dans les structures de 10 à 249 collaborateurs, ce sont d’abord les coûts (34 %) et le manque de connaissance (32 %).

D’après l’Insee, cette différence de perception en fonction de la taille des sociétés peut s’expliquer par l’inégale présence de spécialistes en TIC dans ces entreprises : seulement 7 % des TPE (10 à 19 personnes) en emploient, contre 21 % des 20-249 et 72 % à partir de 250 employés.

Crédit image : jijomathaidesigners – Shutterstock.com


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