Club-Internet : des forfaits plus chers mais avec report de minutes

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La filiale de l’allemand T Online a présenté sa nouvelle gamme de forfaits communications comprises. On y découvre des durées en baisse pour des tarifs en hausse significative justifiés par des services à valeur ajoutée. Convaincu que le prix n’est pas le principal facteur d’abonnement, T-Online espère conserver sa place dans le trio de tête des FAI payants en France tout en cherchant à rentabiliser ses investissements.

Plus petites durées et tarifs en hausse, la rentrée de Club-Internet risque de ne pas plaire à tout le monde. Ainsi, le forfait 5 heures/47 francs (7,17 euros) passe à 3 heures/39,30 francs (6 euros) et le 10 heures/67 francs (10,21 euros) se transforme en 8 heures/78,7 francs (12 euros). Le 20 heures conserve sa durée mais passe de 97 francs (14,79 euros) à 118,07 francs (18 euros). Et pour compliquer le tout, Club-Internet assure que les anciens tarifs restent disponibles. Ainsi, les anciens abonnés peuvent basculer vers les nouvelles offres “s’ils le souhaitent” (on se demande bien pourquoi). Quant à ceux qui voudraient rejoindre le “Club le plus ouvert de la planète”, ils pourront, pour une durée non encore déterminée, également demander à bénéficier du, par exemple, 20 heures/97 francs. Même si Club-Internet n’en fera plus la promotion.

Pour justifier la hausse des tarifs, les responsables de T-Online lancent des services à valeur ajoutée. Le plus intéressant est sans nul doute le report des minutes non consommées d’un mois sur l’autre, à la manière des forfaits téléphoniques, enrichi par une visualisation en temps réel de la consommation (jusqu’à présent, il y avait un décalage d’une journée). L’assistance technique s’étend à 24h/24, 7jours/7 et se propose même d’intervenir chez l’abonné (contre 45 euros, soit 295,10 francs, tout de même). Les autres services apparaîtront plus ou moins utiles et onéreux selon les besoins : séances de formation (196 francs les 2 heures), firewall et logiciel de contrôle parental (399 francs) en partenariat avec Symantec (et en attendant la propre technologie développée par T-Online), messagerie nomade avec consultation possible de ses mails, désormais, sur SMS (0,98 franc par mail), actualisation trimestrielle des logiciels (1 euro par mois)… Quant à l’accès haut débit ADSL, les tarifs ne bougent pas (si ce n’est les insignifiantes augmentations dues au passage à l’euro) : un pack à 151 euros (990,50 francs) pour un abonnement mensuel à 45 euros (295,10 francs).

Quelques services optionnels

Bon à savoir, certains des nouveaux services présentés par Club-Internet ne seront pas obligatoires. En effet, au délà de la période des six premiers mois d’abonnement (période promotionnelle à moitié prix), l’abonné pourra choisir de décocher les options dont il ne souhaite pas bénéficier. Toutefois, en dehors des services facturés (formation, logiciels, etc.), seuls le report de minute et l’assistance privilège sont déductibles, à raison d’1 euro chacun. Pour le 20 heures, cela donne un forfait à 16 euros au lieu de 18, soit tout de même une augmentation de près de 8 francs pour un nombre d’heures équivalent. Les abonnés pourront toujours se consoler en comptant sur un nouveau réseau annoncé comme “10 à 15 % plus rapide”, garanti ou remboursé. Pour évaluer la qualité de son réseau, Club-Internet a fait appel à Bureau Veritas qui installera 83 robots de contrôle.

Autre surprise, l’abandon de l’habituel Netscape personnalisé livré dans les kits de connexion. Les ingénieurs de la société ont développé leur propre navigateur, basé sur les technologies Internet Explorer. Même chose avec TOM (T-Online Messenger), un outil de messagerie compatible à la fois ICQ (propriété d’AOL) et MSN Messenger de Microsoft. Un agenda en ligne et partageable sera également disponible. Enfin, en combinant le puissance de Google avec la sélectivité de LookSmart, le nouvel outil de recherche se veut plus pertinent.

Micro-paiement contre formules d’abonnement

Notons également que le service de micro-paiements, basé sur la plate-forme iPin, devrait se développer dans les mois qui viennent. En effet, Wanadoo a également choisi cette plate-forme (voir édition du 6 octobre 2000), “ce qui devrait offrir un bassin d’abonnés très large aux marchands”, estime Fabrice Sergent qui croit plus à une consommation par paiement à l’acte que par abonnement. “L’échec commercial d’Internet est dû à l’absence de moyens de paiement efficaces”, ajoute-t-il. Le salut viendra-t-il pour autant d’iPin, de MinutePay (voir édition du 3 septembre 2001), de SmartCodes (voir édition du 5 juillet 2001), du lecteur de carte à puce ou d’une autre solution ? Difficile à dire. Ce dont ne doute pas Fabrice Sergent, c’est que “seul le haut débit permettra le développement de ce type de services”.

Alors que certains fournisseurs d’accès Internet (FAI) offrent toujours plus d’heures de connexion pour le même prix ? notamment Free Telecom, (voir édition du 23 avril 2001) et LibertySurf (voir télégramme du 23 août 2001) ?, Club-Internet fait donc le choix de la hausse des prix. Visiblement, les responsables visent les “technophiles” peut regardant sur la facture. “Cette nouvelle stratégie s’inscrit dans le positionnement global de T-Online”, confirme Thomas Holtrop, Pdg de T-Online, “qui associe aux revenus de la vente d’accès des nouveaux revenus issus des services et des contenus”. L’avenir nous dira si sa vision du Net est la bonne et si Club-Internet restera dans le trio de tête des FAI en nombre d’abonnés payants.


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