Le consortium R3 choisit l’open source pour sa « blockchain FinTech »

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Le consortium R3 compte reverser, dans le projet Hyperledger, le code de la blockchain « spéciale FinTech » sur laquelle il travaille.

Jusqu’à 60 % d’économies pour la gestion des transactions : les expérimentations menées par le consortium R3 autour de Ripple sont concluantes.

Une douzaine d’institutions financières membres de ce groupement ont testé le protocole* de paiement dans un scénario d’échanges transfrontaliers, en alimentant partiellement leurs comptes nostro avec une crypto-monnaie, plutôt qu’en devises locales.

Cette crypto-monnaie, baptisée XRP, cote actuellement à 0,009012 dollar l’unité, selon CoinMarketCap, qui la valorise à environ 320 millions de dollars, contre 10 milliards pour Bitcoin et 1 milliard pour Ethereum.

La start-up qui l’exploite a fédéré plusieurs projets indépendants dans l’univers des systèmes décentralisés. Sa stratégie s’oriente aujourd’hui sur le développement d’une « technologie de base pour les transactions interbancaires ». Ou comment offrir aux acteurs du secteur une solution de transfert de fonds en quasi-temps réel avec des frais de traitement réduits.

Le choix de l’open source

Au-delà de l’expérimentation Ripple, le consortium R3 mène une réflexion plus large sur l’exploitation de la blockchain dans l’industrie financière.

Le projet Concord lancé dans ce cadre a comme point central la plate-forme Corda, dont la première démonstration publique a été effectuée au printemps.

Il s’agit d’un registre décentralisé et distribué développé spécialement pour les services financiers.

Le consortium R3 a opté pour une philosophie open source avec l’objectif de faire émerger un standard. Ainsi le code de Corda doit-il être reversé, fin novembre, au sein du projet Hyperledger.

« Jusqu’alors, il était difficile de consolider les approches technologiques des différentes firmes, sinon en consolidant les firmes elles-mêmes », peut-on lire dans le livre blanc – document PDF, 15 pages – qui présente la technologie sous un aspect plus business que technique.

Ouvert avec modération

Pour le consortium R3, les blockchains ont changé la donne, mais en l’état, aucune ne répond aux exigences du secteur financier en matière de sécurité, de capacité de montée en charge ou encore de résolution de litiges.

Corda doit notamment pouvoir valider des transactions uniquement entre certaines parties, tout en prenant en charge plusieurs mécanismes de consensus, en intégrant des « nœuds régulateurs » et en assurant la compatibilité avec les infrastructures existantes, « qui resteront en exploitation pour encore un bon bout de temps ».

Il est aussi question d’introduire un système de bac à sable pour la vérification de contrats, de concevoir dispositif de gestion des identités et d’aborder les problématiques de vie privée, que ce soit à travers les techniques de randomisation ou de réémission d’actifs.

Tout n’est pas encore gravé dans le marbre : le consortium R3 n’exclut pas que chaque catégorie d’actif ait son registre, avec des jonctions des uns aux autres. Plus globalement, il est probable qu’à une approche « monolithique » soit préférée une infrastructure composées de plusieurs couches, dont certaines éventuellement propriétaires.

* Un consortium de 15 banques japonaises projette également d’utiliser Ripple, à compter du printemps 2017.


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