Corel dément l’influence de Microsoft

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Microsoft ne serait pour rien dans la décision de Corel de se séparer de sa branche Linux. Au contraire, l’éditeur de Windows qui souhaitait adapter ses technologies à cet environnement perçoit ce choix comme une mauvaise nouvelle. Le président de Corel, Derek Burney, justifie cette décision par l’impossibilité de développer des solutions Linux complètes, y compris pour l’environnement serveur.

Selon le président de Corel, la décision de se séparer de sa division Linux n’est pas influencée par le sauveur Microsoft (voir édition du 23 janvier 2001) lequel pourrait même considérer cette décision comme une mauvaise nouvelle. “Cette alliance entre nos deux sociétés aurait permis de porter certaines technologies Microsoft sous Linux”, déclare Derek Burney, “ils risquent donc d’être déçus par le départ de certains développeurs.” Mais Derek Burney insiste bien sur le fait qu’à aucun moment Microsoft n’a cherché à influencer Corel sur la décision de se séparer de Linux.

L’an dernier, Microsoft a investi 135 millions de dollars dans la société canadienne, pourtant concurrente, la sauvant ainsi de la faillite (voir édition du 3 octobre 2000). Le président de Corel justifie la décision en expliquant que si la distribution Linux est un succès sur les postes individuels, elle n’a aucune présence sur les autres marchés, notamment ceux des serveurs. “Il nous aurait fallu une solution globale complète”, déclare Derek Burney, “nous aurions dû acquérir les éléments qui nous manquaient pour compléter ceux que nous avions, ou bien abandonner. Linux n’est pas qu’un système d’exploitation pour ordinateur de bureau.”

La situation de Linux chez Corel ressemble à celle de Palm chez 3Com ?

Comparant le dilemme de Corel face à sa distribution Linux à celui devant lequel 3Com s’était retrouvé avec Palm, qui a finalement été filialisé, Derek Burney a également indiqué : “3Com s’est rendu compte que Palm pouvait grandir mais qu’il serait gêné par la restructuration de l’entreprise. J’ai toujours dit que nous voulions donner toute latitude à Linux.”

Derek Burney s’est déclaré en accord avec l’analyse de George Weiss, du cabinet Gartner, qui pense qu’IBM est prêt à s’arroger la quasi-totalité des profits du secteur Linux. “Les entreprises Linux doivent se regrouper. Il faut plus de fusion afin de permettre à une entreprise d’offrir toutes les technologies. Si vous migrez vers l’environnement Linux, il y a le même besoin d’assistance support technique qu’avec une solution Microsoft ou Sun.” Derek Burney n’a pas commenté l’éventuelle acquisition de Corel Linux par IBM. Pas plus que celle du New-yorkais Linux Global Partner pour 5 millions de dollars.

D’ailleurs, l’argent n’est pas l’unique objectif de la revente. “Nous avons mis notre coeur et notre âme dans le développement de Linux”, déclare Derek Burney, “et nous aimerions en conserver certains investissements.” Cependant, le président avoue que la décision permettra de récolter des dividendes “que nous investirons dans le développement d’éléments et de produits créatifs. Nous voulons être les premiers dans l’univers du graphisme Web”. Une vision qui modèlera la future stratégie d’acquisition de Corel. “Nous savons où nous allons et sommes persuadés que l’entreprise peut atteindre un taux de croissance de 20 % par an.”


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