Interview Cyril Zimmermann – ACSEL : « La FinTech française bien positionnée sur la blockchain »

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PDG du groupe Hi-Media et président de l’ACSEL, Cyril Zimmermann explique pourquoi la blockchain peut représenter une belle opportunité pour les jeunes pousses françaises.

ITespresso : On observe actuellement une ruée sur la technologie blockchain alors que le bitcoin existe depuis déjà 5 ans. Comment expliquer ce phénomène ?

Cyril ZIMMERMANN – L’importance de la blockchain était jusqu’a présent masquée par la médiatisation du bitcoin qui est une application de la blockchain parmi d’autres. Maintenant que le bitcoin moins médiatiquement porteur (à tort sans doute d’ailleurs), les regards se portent sur ce qui « reste » sous le phénomène bitcoin.

Pour faire une comparaison : en 2000, c’est le partage de musique tel que pratiqué par Napster qui occupait les commentaires de ceux qui observaient l’industrie et les usages autour de la musique. Le phénomène important était la délinéarisation des albums et le streaming à la demande tel que Spotify l’a popularisé à partir de 2007.

Il faut donc essayer de décoder dans chaque vague d’innovation ou de rupture d’usage ce qui est du domaine de l’application et ce qui est un changement fondamental. La blockchain fait partie de la deuxième catégorie.

ITespresso – Au delà des monnaies virtuelles, quelles seront, selon l’ACSEL, les principales applications de cette technologies ? Les jeunes pousses françaises sont elles bien positionnées ?

Cyril ZIMMERMANN : Les sociétés de Fintech françaises sont très bien positionnées car il y a en France une très bonne culture et d’excellentes compétences dans les sujets financiers, la cryptologie et la sécurité.

Cela s’explique assez bien par l’importance des banques et des assurances dans notre économie et leur essaimage de managers dans différentes start-ups et sociétés de service, par les initiatives et le leadership français dans la sécurité et la cryptologie (lancement  de la carte a puce très tôt avec Gemplus, devenu Gemalto, et mise au point par Bull en 1986 du M4 dont s’inspirera la norme EMV) et par la qualité de la formation de nos ingénieurs.

Nous avons donc des atouts formidables. Certaines start-up comme Ledger travaillent avec succès sur des applications de sécurité autour de la Blockchain et de grands groupes d’assurance comme Axa réfléchissent activement à ce que la Blockchain permet en terme d’authentification des contrats et des transactions.

ITespresso – Les pouvoirs publics français ont une relation ambiguë avec l’innovation. Quel sera leur accueil de cette technologie disruptive ? Pourraient ils être tentés de chercher à l’interdire ?

Cyril ZIMMERMANN – Je ne crois pas qu’il y ait d’hostilité ferme, surtout si les applications de la blockchain s’orientent plus vers la sécurisation, l’authentification et la traçabilité des transactions quelles qu’elles soient, et moins vers la création d’une nouvelle monnaie.

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