Des transistors de la taille d’une molécule

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Une équipe de scientifiques aurait mis au point un transistor en molécule de carbone d’un nanomètre de large. Soit une taille plus de dix fois inférieure à celle des transistors en silicium actuels. Une voie précédemment ouverte par IBM mais qui ne devrait pas voir d’application industrielle avant une ou deux décennies.

Un transistor d’un nanomètre de large, soit 1 millionième de millimètre ou encore 0,001 micron. C’est ce qu’une équipe de chercheurs de l’Université de technologie de Delft aux Pays-Bas a réussi à mettre au point en “pliant” une molécule de carbone pour lui donner la forme d’un tube, comme le rapporte notre confrère américain SiliconValley.com. Ce tube moléculaire serait capable de piéger un électron. A partir de cette propriété, il est relativement facile de simuler le fonctionnement d’un transistor qui laisse ou non passer les électrons porteurs d’électricité et, donc, de rendre les circuits logiques opérationnels selon les deux états – éteint ou allumé, 0 ou 1 – des microprocesseurs actuels.

Une précédente équipe avait réussi à générer ce phénomène mais à une température proche du zéro absolu. Ici, l’équipe néerlandaise aurait réussi cette prouesse à température ambiante. Si cette découverte se confirme, sa technologie va reléguer les Pentium, AMD et autres processeurs IBM actuels au rang des dinosaures de l’informatique. En effet, actuellement, les transistors sont gravés au mieux en 0,13 micron, voire 0,07 pour les futures générations, contre 0,001 pour le tube de carbone qui, contrairement au silicium, ne consomme que très peu d’énergie et ne dégage quasiment aucune chaleur. Enfin, la miniaturisation des transistors en silicium est, à terme, limitée. D’ailleurs, IBM avait déjà ouvert la voie avec une technologie de nanotubes équivalente (voir édition du 27 avril 2001).

La fin des transistors en sicilium ? Pas tout de suite !

Reste que, du transistor au processeur complet, il y a un grand pas que les scientifiques sont loin d’avoir franchi. Et la maîtrise de l’organisation de ces pièges moléculaires à électrons en plusieurs millions d’unités pour créer une puce fonctionnelle n’est pas encore à l’ordre du jour. Sa mise au point à l’échelle industrielle pourrait nécessiter encore dix ans de recherches, ou plus. D’autant qu’on ignore les performances que cette technologie apportera par rapport aux processeurs actuels, même si l’on se doute que, dégagées du problème de température, ces puces du futur atteindront des fréquences inimaginables. Les fondeurs ont encore quelques années de “préhistoire” devant eux.


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