En Marche : la Macron-Mania confortée dans le numérique

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Avec le nouveau mouvement politique d’Emmanuel Macron, des entrepreneurs du numérique prennent position. Un large cercle est déjà converti…

Emmanuel Macron a fait sensation avec l’annonce de son « mouvement politique nouveau » : En Marche.

Précisant d’emblée que cette initiative ne sera « pas à droite » et « pas à gauche ». Les valeurs comme « le goût du travail », « le progrès » et « le risque », mais aussi « la liberté, la justice et l’Europe » sont mises en avant.

Les milieux (politique, économique, culturel) commencent à réagir. D’un point de vue canal politique, Emmanuel Macron peut s’appuyer sur des leviers comme des comités de soutien « Les Jeunes avec Macron » ou « Avec Macron » via Twitter et le think tank « progressiste indépendant » La Gauche Libre.

Il pourra désormais s’appuyer sur l’impulsion En Marche qui se concrétise sous la forme d’une association loi 1901 et un site Web pour adhérer au mouvement (et une vidéo de teasing visionnées plus de 27 000 fois sur YouTube).

Dans la sphère numérique, on sent une influence forte en raison de l’energie qu’Emmanuel Macron dégage, de son âge (38 ans, se rapprochant de celui du profil moyen du start-upper en France) et de l’intérêt qu’il porte vis-à-vis des nouvelles technologies.

La « Macron-mania » dans le secteur IT était donc déjà perceptible avant cet engagement supplémentaire dévoilé à Amiens pour s’investir sous une autre forme dans la vie politique.

Elle vibre au cœur de nombreuses organisations professionnelles du numérique et de la vague French Tech.

Déclarations de flammes en série

Parmi les thuriféraires les plus vibrants qui se sont distingués dans les médias dans les dernières 24 heures figure Jacques Séguéla. Le publicitaire, cofondateur de l’agence de communication RSCG devenu consultant d’Havas, compare Macron à un « Rocard Digital ».

Selon les propos retenus par Public Sénat, voici sa déclaration enflammée : « [Emmanuel Macron] a tout compris à la refondation politique. Alors que les autres croient encore que la communication passe par les plateaux TV, lui a parfaitement intégré l’uberisation de la politique. C’est ce qu’il dit quand il assure vouloir refonder par le bas. Il a le talent, l’entregent, la séduction, le culot. Il représente la seule chance pour régénérer la politique qui est frappée par une chute d’image que seules les péripatéticiennes ont connu. »

Macron Président de la République en 2017 ? « C’est trop tôt, il faut qu’il incube la fonction, il a la culture digitale, la culture économique, il lui manque la culture présidentielle », estime Jacques Séguéla.

On trouve des engouements plus mesurés dans le numérique mais les prises de position sont fermes. Prenez Marc Simoncini interrogé par RTL.

Le Net-entrepreneur et investisseur (iFrance, Meetic, Sensee…) parie sur le mouvement En Marche « pour mettre la France en mouvement » en soulignant que « plus personne ne fait confiance au système politique tel qu’il est organisé aujourd’hui » et qu’Emmanuel Macron « va donner la parole à la société civile pour trouver des idées nouvelles, un corpus cohérent et de bon sens de réformes ».

« Avec la puissance des réseaux Internet, on a peut-être des milliers voire des millions de personnes qui vont apporter leurs contributions », poursuit Marc Simoncini, qui intervient régulièrement dans les débats publics.

Parlons-en des réseaux sociaux, c’est souvent par ce biais que des acteurs du numérique ont apporté leur soutien. Olivier Mathiot, co-Président de France Digitale et dirigant de Rakuten – Priceminister, commente sur Facebook à titre individuel : « On marche et on court ? En tous les cas le même jour que les nuits debout, c’est le sens du timing d’un grand homme d’état ! Et pas de jeux de mots hein !? »

L’association France Digitale, qui rapproche les start-up des investisseurs, compte rencontrer ces prochains mois les entrepreneurs en régions pour établir une série de propositions à destination des candidats à la présidentielle de 2017.

Autre converti (aisément) : Grégoire Leclercq, qui est multi-casquettes (La Fédération des auto-entrepreneurs, co-fondateur de l’Observatoire de l’Uberisation), déclare : « Je soutiens l’initiative d’Emmanuel Macron et je suis prêt à apporter mes idées comme nous le faisons auprès des autres partis politiques. »

Sur BFM Business, Denis Jacquet, entrepreneur et Président de Parrainer la croissance (on le retrouve aussi derrière l’Observatoire de l’Uberisation), a déjà manifesté son envie d’apporter sa contribution à la prochaine élection présidentielle.

Des initiatives de la « société civile » émergent comme La Vraie Primaire. Quid d’Emmanuel Macron avec son mouvement En Marche ? « Dans ce naufrage complet de la politique française, c’est la seule bouée et le seul phare que l’on voit apparaître pour l’instant », déclare Denis Jacquet, qui met en avant la dimension « transpartisane » et la « bienveillance » du ministre de l’Economie.

Le principal intéressé va devoir préciser ses ambitions avec cette plateforme En Marche et éclaircir son approche.

Le plus gros reste à faire : transformer l’essai pour peser dans les débats « gauche-droite » qui s’annoncent denses dans les prochains mois, susciter le dialogue sur les réseaux sociaux en évitant que l’outil ne se retourne contre lui et élargir l’adhésion au mouvement enclenché au-delà de la sphère parisienne.

Une question lancinante reste en suspens en raison de ces fonctions au gouvernement : disposera-t-il d’une marge de manœuvre suffisante pour parler librement de ses convictions tout en gardant son poste exposé de ministre de l’Economie ?


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