Une ex-ingénieure chez Uber dénonce un présumé sexisme ambiant

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Sur un blog, une ex-collaboratrice d’Uber dépeint son malaise après son expérience « très étrange » au sein de la firme. Le CEO Travis Kalanick allume des contre-feux.

Avec cette affaire de harcèlement sexuel au sein d’Uber, Travis Kalanick a senti rapidement le risque de déstabilisation.

Dimanche, le fondateur et CEO de la société Internet développant l’app de mise en relation entre chauffeurs et conducteurs a pris le soin d’annoncer directement l’ouverture d’une « enquête urgente » en interne pour éclairer les circonstances.

Sur son blog, une ancienne salariée dénonce un harcèlement sexuel dont elle aurait fait l’objet au sein de la société californienne. Tout en dénonçant le présumé sexisme ambiant.

Susan Fowler a travaillé pendant plus d’un an en tant qu’ingénieure système d’administration et de production (Site Reliability Engineer) chez Uber.

Depuis janvier 2017, elle a rejoint une autre start-up qui affiche aussi une forte croissance (Stripe dans le paiement électronique), tout en restant dans la Silicon Valley.

Le 19 février, elle a délivré sur son blog une contribution dense sur ce qu’elle a ressenti au cours de son passage chez Uber. Et c’est assez troublant. « Très étrange » même selon ses propos. 

Susan Fowler assure avoir reçu dès sa prise de fonctions fin 2015 des propositions indécentes d’un supérieur. Malgré une alerte déclenchée au niveau des ressources humaines et par la voie hiérarchique, l’affaire semble avoir été étouffée.

Susan Fowler déballe aussi un volet méconnu de la vie d’entreprise chez Uber : un sexisme latent alimenté par des comportements et commentaires inappropriés. Au point de bloquer son ascension dans l’entreprise.

L’ingénieure outrée estime également que la proportion de collaboratrices chez a été réduite de manière drastique dans l’organisation, passant de 25% à 6% en un peu plus d’un an.

Sur Twitter, Travis Kalanick a réagi avec fermeté vis-à-vis de cette tranche de vie peu glorieuse de la vie chez Uber : « Ce qui est décrit ici est affreux et va à l’encontre de tout ce à quoi nous croyons. Quiconque se comporte de cette manière – ou pense que c’est normal – sera renvoyé. »

Le dirigeant de la société a demandé une enquête interne de la direction des ressources humaines sur ces dérives présumées. « Il n’y a absolument pas de place pour ce type de comportement chez Uber », insiste-t-il. A priori, Susan Fowler n’évoque pas de suite judiciaire à ses mésaventures.

Arianna Huffington, qui a rejoint le conseil d’administration d’Uber en avril 2016, participera à l’enquête menée en interne.

Une polémique qui rappelle celui d’Ellen Pao du nom de cette ancienne dirigeante de Reddit qui avait intenté une action en justice contre un autre ex-employeur – Kleiner Perkins Caufield & Byers (KPCB) – devant un tribunal de San Francisco.

En mars 2012, elle avait accusé la direction du célèbre fonds d’investissement en Californie d’avoir mis un frein à ses ambitions professionnelles parce qu’elle était une femme. Un procès qu’elle a néanmoins perdu trois ans plus tard.

 

 


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