Fibre optique : Neuf Cegetel et Numéricable signent un accord de partenariat

Mobilité

L’accord portera sur le déploiement de 140 000 prises optiques dans les immeubles où Numéricable a ses entrées.

Nous maintenons nos objectifs de 500 000 foyers raccordés en fibre optique sur Paris et sa région [pour 2009].” Jacques Veyrat est confiant dans la réussite de son plan de déploiement du réseau optique résidentiel qui prévoit un million de foyers raccordés en France pour 250 000 abonnés très haut débit d’ici la fin de l’année prochaine (contre 20 000 actuellement). L’opérateur vient d’ailleurs de passer un accord de partenariat avec Numéricable en ce sens.

Cette “grosse expérimentation“, selon le PDG de Neuf Cegetel, permettra à l’opérateur de raccorder 140 000 logements en fibre optique. Dont plus de 100 000 sur Paris et le reste sur une ville de province (dont le nom n’a pas encore été dévoilé). Cet accord, non exclusif, avec le câblo-opérateur, permettra à Neuf Cegetel d’exploiter les gaines précédemment posées par Numéricâble dans les colonnes des immeubles pour y glisser sa fibre. L’accord devrait également faciliter l’accès aux parties communes pour les techniciens de l’opérateur bien que cela ne soit pas systématique, chaque immeuble étant un cas particulier en matière d’intervention extérieure.

Apprendre à travailler ensemble

Si l’on comprend l’intérêt de Neuf à profiter de l’infrastructure de Numéricâble pour l’accès vertical aux foyers, l’inverse est moins évident. Quels intérêts a Numéricâble à laisser un concurrent potentiel entrer sur son pré-carré? Les retombées ne sont certes pas évidentes à première vue.

Mais Numéricâble a décidé de se lancer sur le marché de l’ADSL et pourrait bien profiter de l’expertise et de l’infrastructure de Neuf Cegetel en la matière. Avec 1707 URA (unité de raccordement abonnés) et 2000 prévues en 2008, Neuf Cegetel détiendrait le réseau de lignes fixes dégroupées le plus dense du marché français.

Plus globalement, il s’agit pour les deux acteurs d’apprendre à travailler ensemble sur le déploiement de la fibre optique sachant que la mutualisation des infrastructures est un facteur d’accélération de l’offre très haut débit. “De la même façon que nous travaillons avec France Telecom pour l’accès aux fourreaux“, a précisé Jacques Veyrat.

Parallèlement, le manager tient à rappeler les relations commerciales qui animent son propre groupe et Completel. Cet opérateur alternatif, qui dispose de son propre réseau télécoms, a basculé dans le giron du fonds d’investissement Cinven et le câblo-opérateur Altice One…deux structures qui ont aidé Numéricable à se remettre en ordre de marche depuis l’acquisition d’UPC-Noos en mars 2006.

Se défendant de tout projet futur officiel, Jacques Veyrat a souligné que “si [le partenariat] se passe bien, il pourrait éventuellement s’étendre“. En attendant cette éventualité, les quelques 100 000 prises optiques apportées par Numéricâble viendront compléter le marché de 100 000 logements des HLM de Paris récemment remporté par Neuf Cegetel. Le groupe est également présent en banlieue sur le marché des Hauts-de-Seine (pour un potentiel de 800 000 foyers), ainsi que sur 13 communes de la petite couronne à travers la DSP Sipperec (plus de 22 000 foyers) à travers sa filiale LD Collectivités.

“Alice est un bon projet”

L’opérateur a également confirmé son intérêt pour Alice. Si le dossier d’offre de vente n’est pas encore déposé, Telecom Italia a implicitement confirmé son manque d’intérêt pour sa filiale française Telecom Italia France lors de la présentation, la semaine dernière, des résultats et du plan de développement aux actionnaires. “Le projet Alice est un bon projet“, estime Jacques Veyrat.

Mais Neuf Cegetel n’est pas le seul en lisse. Iliad/Free, Numéricâble et Bouygues Télécom s’intéressent également aux 900 000 abonnés ADSL de Telecom Italia France et à son infrastructure réseau. De plus, l’opération tombe au moment où l’offre de rachat de Neuf Cegetel par SFR est en cours d’étude auprès des autorités de la concurrence. Lesquelles doivent donner leur réponse entre mai et… octobre 2008. L’offre d’acquisition d’Alice pourrait compliquer la situation.

Décidémment, la période est effervescente pour Neuf Cegetel. Un peu trop peut-être pour certains managers. Jacques Veyrat a profité de l’occasion pour annoncer qu’il n’avait pas vocation à rester dans le groupe SFR. “Je démissionnerai de mes fonctions dès l’acquisition validée.” Voilà, c’est dit.


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