Fusillade de Sutherland Springs : l’enquête passe par la case iCloud

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Dans le cadre de l’enquête sur la tuerie de Sutherland Springs, les autorités du Texas somment Apple de leur ouvrir l’accès à des données sur iCloud.

 Quelle contribution attendre d’Apple dans l’enquête consécutive à la tuerie de Sutherland Springs ?

La fusillade, survenue le 5 novembre dernier, a fait 26 morts et 20 blessés dans une église de cette localité du Texas située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de San Antonio.

Le tueur, identifié comme Devin Patrick Kelley (26 ans, ancien de l’U.S. Air Force), a été retrouvé sans vie dans le véhicule à bord duquel il avait pris la fuite.

À ses pieds, les enquêteurs ont retrouvé un iPhone SE… que la justice texane les a officiellement autorisés à fouiller, par la voie d’un mandat émis au lendemain des faits.

Une autorisation similaire a été délivrée le 9 novembre pour un deuxième téléphone (modèle LG 328BG) retrouvé au niveau de la portière, côté conducteur.

Par le biais d’un troisième mandat émis ce même jour, il est demandé à Apple d’ouvrir l’accès aux données que Devin Patrick Kelley aurait stockées sur iCloud entre le 1er janvier 2016 et le 9 novembre 2017.

Quatre adresses e-mail utilisées par le tueur ont déjà été découvertes, selon la presse locale.

Depuis le lancement commercial d’iOS 8, Apple fait clairement la distinction entre les données qui se trouvent sur les terminaux de ses utilisateurs et celles hébergées sur iCloud.

La firme assure ne pas pouvoir y accéder dans le premier cas. Dans le second, elle se dit prête à coopérer avec les forces de l’ordre, sous réserve qu’elles présentent, sauf « circonstances urgentes », des mandats de perquisition pour des « motifs raisonnables ».

Les secrets de l’iPhone SE

Quant à accéder au contenu de l’iPhone, c’est une autre histoire.

Trois jours après la tuerie, le FBI se trouvait toujours dans l’impossibilité de déverrouiller l’appareil, selon son agent spécial Christopher Combs.

Du côté d’Apple, on a laissé entendre avoir proposé une aide que le service fédéral de police et de renseignement aurait déclinée, ses experts tentant vraisemblablement de trouver d’autres moyens d’accéder aux données… dont une éventuelle sauvegarde cloud.

Devin Patrick Kelley ayant visiblement agi seul, il n’est pas certain que le gouvernement américain porte l’affaire en justice, comme il l’avait fait pour la tuerie de San Bernardino (une quinzaine de morts en décembre 2016 dans cette ville de Californie), qualifiée d’attentat terroriste.

N’étant pas parvenu à déverrouiller l’iPhone 5c du tueur identifié comme Syed Rizwan Farook, le FBI avait demandé à Apple de fournir une « assistance technique » consistant à développer une version spéciale du système d’exploitation iOS.

Apple avait catégoriquement refusé et porté l’affaire sur la place publique, affirmant que cette pratique revenait à implémenter une porte dérobée susceptible d’affaiblir la sécurité pour l’ensemble des utilisateurs de ses produits.

Le contentieux qui s’était ensuivi devant les tribunaux de Californie avait pris fin lorsque le FBI avait réussi à accéder au contenu de l’iPhone 5c, avec le concours d’une « tierce partie » grassement rémunérée (plus d’un million de dollars).


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