G4 : le fossé se creuse entre Motorola et IBM

Régulations

Au lendemain du Microprocessor Forum de San Diego, les fournisseurs de puces d’Apple font entendre des voix discordantes.

Les premiers prototypes G4 de Motorola ont été produits cet été. Apple en aurait déjà reçu en test. Le processeur, qui devrait être fabriqué en série en milieu d’année prochaine, contiendra 10,5 millions de transistors, sur un espace de 83 mm2, à peine plus grand qu’un G3. Aucune vitesse d’horloge n’a été avancée à ce stade, mais les tests de performance ont été réalisés sur une version du processeur tournant à 400 MHz. Le G4 de Motorola, qui sera à base de cuivre, comme la version d’IBM, disposera de 32 Ko de mémoire cache de premier niveau, comme le G3, et d’un cache de niveau 2 de 512 Ko, 1 Mo ou 2 Mo (le G3 est limité à 1 Mo). Par ailleurs, le processeur sera nettement mieux adapté au traitement multiprocesseurs que l’actuel G3.

Mais au-delà des annonces technologiques, le Forum a surtout permis de mesurer le fossé grandissant qui semble se creuser entre Motorola et IBM, dans leur conception de l’architecture PowerPC et de son devenir. Fossé qui semble inquiéter les spécialistes, quant aux choix futurs d’Apple. Car si le constructeur de Cupertino choisit de jouer la carte AltiVec, en adoptant progressivement le jeu d’instruction multimédia de Motorola sur l’ensemble de sa gamme, il s’interdit l’accès aux processeurs G4 ultra-rapides sur lesquels travaille IBM (rappelons qu’IBM n’a pas choisi d’adopter AltiVec ; le constructeur préfère concentrer ses efforts sur la vitesse de fonctionnement intrinsèque du processeur). Par ailleurs, il serait à nouveau dépendant d’un unique fournisseur de processeurs, situation à laquelle l’alliance PowerPC lui avait permis d’échapper. A l’inverse, si Apple choisit de réserver l’architecture AltiVec à une certaine catégorie de machines (on pensera aux modèles haut de gamme), l’entreprise pourra continuer à s’approvisionner chez les deux fabricants. Mais en diminuant le nombre de machines exploitant AltiVec, Apple réduit d’autant le marché potentiel des logiciels compatibles. Or si les éditeurs rechignent à réécrire leurs logiciels pour tirer parti d’AltiVec, le succès de la technologie risque d’être dangereusement menacé. Apple va donc devoir rapidement faire son choix.


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