Hadopi : un internaute sur deux “déclare des usages illicites”

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Le piratage sur Internet est une pratique vulgarisée, confirme la première étude estampillée Hadopi. Le recours au streaming figure devant le P2P.

Quel est l’état des lieux du piratage numérique en ce début d’année 2011 ?

La Hadopi vient de présenter sa première étude “blindée” sur ce thème dans le cadre du MIDEM (salon des professionnels de la musique).

On voit le chemin à parcourir en termes de sensibilisation à la lutte anti-piratage et à la riposte graduée.

Ainsi, 49% des internautes “déclarent des usages illicites” et 95% d’entre eux estiment que cette pratique est vulgarisée.

Les “mauvaises manies” en matière de téléchargements ne ralentissent pas. Pire, elles “se diversifient” avec un taux d’usages illicites qui se concentrent sur la tranche d’âge 15-39 ans.

Les principales voies de consommation gratuites privilégiées par les internautes déclarant un usage illicite sont les sites de streaming (64%), le peer to peer (42%) et les sites de téléchargement direct (37%).

Du coup, le focus sur la traque P2P par les ayants droit ne serait pas le plus approprié mais la Hadopi déclare ne pas disposer des outils techniques pour élargir les “recommandations” (avertissements) au streaming.

Autre enseignement de l’étude : les internautes semblent rencontrer des difficultés à distinguer le légal de l’illégal.

Presque un tiers des internautes déclare ne pas savoir où se situe la ligne rouge (tous usages confondus).

“42% des internautes estiment qu’un label est une garantie de légalité”, peut-on lire sur la fiche synthétique des résultats de l’étude fournie par la Hadopi.

En matière de sécurisation, ce serait plus rassurant. 73% des internautes “savent qu’ils doivent se sécuriser et disposent des moyens pour le faire”.

Tandis que 54% des internautes déclarant des usages licites et 70% de ceux déclarant des usages illicites disent disposer d’un Wi-Fi sécurisé.

C’est un peu le jeu du chat et de la souris, donnant l’impression que chacun s’observe. Un quart ne se prononce pas encore sur l’impact de la Hadopi sur leur comportement tandis qu’une autre moitié considère qu’elle ne changera rien.

La haute autorité en charge de la lutte anti-piratage doit encore asseoir…son autorité.

“Bien que les internautes adhèrent aux missions de la Hadopi, ils doutent de sa légitimité. Surtout, ils attendent de voir”, peut-on lire en guise de conclusion dans la présentation.

Fallait pas s’attendre à un coup de foudre non plus…

A lire également : Hadopi : avis de tempête sur la loi anti-piratage

La méthodologie “blindée” de la première étude estampillée Hadopi
Etude “Hadopi, biens culturels et usages d’internet : pratiques et perceptions des internautes français”, réalisée en ligne du 25 octobre au 4 novembre 2010 (4 prestataires experts pour piloter l’étude, 2687 internautes interrogés répartis en deux échantillons dont l’un de contrôle). Pour affiner et confirmer les enseignements, la taille du 1er échantillon (1624 internautes) serait presque deux fois supérieure à celle généralement utilisée pour un échantillon représentatif national.

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