HP se lance sur le marché du mainframe

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Les serveurs Itanium sont désormais compatibles avec le système
d’exploitation z/OS d’IBM

Les mainframes sont loin de rendre leur dernier souffle. On observe même un regain de la concurrence, non entre les fabricants de mainframes eux-mêmes, mais plutôt auprès de grands noms comme HP qui aujourd’hui utilisent le système d’exploitation z/OS d’IBM.

Peu après l’annonce d’une initiative de migration des serveurs mainframes avec Oracle et Intel, HP a présenté une solution permettant d’exécuter le système d’exploitation mainframe d’IBM sur ses propres serveurs Integrity. “Il ne s’agit pas d’une émulation”, insiste Linda Elliot Zider, vice-présidente de la division ventes et marketing de Platform Solutions Inc. (PSI). “Il s’agit simplement d’une compilation du code à la volée (just in time ou JIT) pour les instructions mainframes.”

L’héritage d’Amdahl

PSI, société composée à 90 % d’anciens ingénieurs d’Amdahl, a développé un nouveau microcode (firmware) pour les processeurs 64 bits Itanium 2 d’Intel. Amdahl, filiale de Fujitsu depuis 1997, développait autrefois ses propres processeurs mainframe directement connectables. Le firmware de PSI est chargé par l’interface EFI (Extensible Firmware Interface) d’Itanium avant d’exécuter le code mainframe. Cela signifie clairement qu’aucune application ni aucun logiciel n’a besoin d’être modifié; les serveurs mainframe d’IBM fonctionnant sous le système d’exploitation z/OS prennent en charge n’importe quelle application. “Il n’y a aucun problème de compatibilité. “

En outre, pour migrer des applications, il est possible de réutiliser le matériel en déchargeant simplement le firmware PSI. Les serveurs Integrity de HP utilisent leur propre plate-forme Unix HP-UX, ainsi que Windows et Linux. Selon Zider, cela est avantageux pour les systèmes de secours et en terme d’extension des capacités. Techniquement parlant, la solution de PSI est compatible avec n’importe quelle machine Itanium, mais son fabricant a forgé une alliance avec HP.

Avantages économiques

Cette initiative HP est appelée ?mainframe alternative?, ou MFA, explique Herman Eggink, directeur de programme EMEA chez HP. “Elle ne concerne pas uniquement IBM. Nous visons les mainframes propriétaires existants, c’est-à-dire des systèmes développés par IBM, Unisys, Bull, ICL, NEC et par d’autres fabricants. Nous pensons en tirer des bénéfices substantiels.” La partie mainframe d’IBM génère quelque 21 milliards de dollars chaque année, dont seulement 4 concernent la partie matérielle.

Sur chaque dollar dépensé pour les mainframes, précise Zider, environ 25 % sont réservés au stockage. “Les dépenses liées aux services représentent deux à cinq fois cette somme.” Selon Eggink, le programme MGA ne vise pas uniquement les coûts initiaux à la charge de l’utilisateur. “Il y a bien sûr les licences logicielles, mais n’oublions pas les coûts de maintenance et de compétences.” La mobilisation des compétences est d’ailleurs un réel problème, explique-t-il.

Eggink estime que le système garantit au client une réduction des coûts de l’ordre de 50 %, voire davantage. “Cela permet de passer d’un modèle basé sur la maintenance à un modèle basé sur l’innovation.” L’argent économisé sur les coûts de maintenance et de licence peut être en effet investi dans les travaux d’innovation.

Vers la commercialisation

Développé depuis 1999, le firmware PSI est aujourd’hui testé chez certains clients. En revanche, seuls les serveurs mainframes 32 bits sont concernés. La prise en charge des serveurs 64 bits sera introduite au moment de la commercialisation de la solution. La compagnie aérienne Lufthansa fait partie des premiers clients confirmés.

La division informatique de la compagnie allemande, InfoTec, propose des services IT à des organisations externes. La division a dû faire face à une in suffisance de puissance processeurs pour environ six partitions. Un problème qui a été simplement résolu en utilisant le firmware PSI sur les serveurs HP Superdome utilisés chez Lufthansa.

La solution proposée par HP concerne les mainframes fonctionnant sur une plage de 500 à 4000 MIPS (millions d’instructions par seconde), explique Elliot Zider. Herman Eggink ajoute que l’initiative de migration (modernisation des applications) avec Oracle et Intel couvre approximativement la même plage, soit 80 à 90 % de l’ensemble du marché des serveurs mainframes. “Le reste du marché génère environ la moitié des recettes”, indique Elliot Zider.

Traduction d’un article à paraître dans le magazine Computable.


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