IBM doute de l’intérêt de Linux sur les PC

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Après avoir testé Linux sur ses propres PC, IBM n’est pas convaincu de l’intérêt économique du système d’exploitation Open source par rapport à Windows.

A l’occasion d’Open Source Business Conference, manifestation consacrée au logiciel libre qui se tient actuellement à San Francisco, IBM a dévoilé plus avant ses projets en matière de PC sous Linux. Rappelons qu’au mois de janvier, un document interne à IBM, intercepté et rendu public par la presse high-tech américaine, évoquait l’éventualité de migrer l’ensemble de son parc de PC vers Linux et des applications bureautiques Open source (voir édition du 9 janvier 2004). On en sait aujourd’hui un peu plus : le responsable de la stratégie Linux d’IBM, Scott Handy, selon des propos recueillis par Infoworld, confirme que des déploiements massifs de Linux sur les PC de certains salariés sont en cours. D’ores et déjà, 15 000 collaborateurs, sur un total de 300 000, ont migré vers Linux et ils devraient être 40 000 d’ici la fin 2004. L’idée est bien sûr de réaliser un test en grandeur nature d’une migration d’un vaste parc de PC, d’en étudier les modalités techniques et économiques afin d’élaborer une offre commerciale pour les clients.

Un TCO pas si intéressant…

Le moins qu’on puisse dire est que Scott Handy ne déborde pas d’enthousiasme pour Linux en tant que système d’exploitation pour PC. L’avantage économique de ce dernier sur Windows ne ressort pas nettement. Comme chacun sait, le coût d’un système d’exploitation pour PC ne se réduit pas au prix facial des licences mais doit intégrer la formation des utilisateurs, le support technique… On parle ainsi de coût total de possession ou TCO (total cost of ownership). Et d’après ce qu’a pu constater IBM, la différence entre le TCO d’un PC sous Linux équipé d’une suite bureautique libre et celui d’un PC sous Windows exécutant Office n’est pas flagrante. En outre, dans bien des cas, le surcoût engendré par la gestion en parallèle de deux systèmes d’exploitation est tel que l’ajout de Linux ne peut plus se justifier d’un point de vue économique.

Ces conclusions ne constituent pas vraiment une surprise : le cabinet d’études Gartner Group, qui est à l’origine du concept de TCO, avait déjà publié des études mettant en évidence le faible intérêt économique d’une migration d’un parc de PC vers Linux (voir édition du 10 septembre 2003). Cela dit, ces études, de même que l’expérience menée par IBM, concernent les grandes entreprises. Qu’en est-il pour les plus petites structures ? Quoi qu’il en soit, tout cela n’est pas de très bon augure pour l’avenir de Linux sur les postes de travail.


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