Industrie du logiciel : des associations européennes préconisent de nouvelles stratégies

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Des associations européennes du monde des logiciels ont fait parvenir leurs recommandations à Viviane Reding. Leur but : rendre les éditeurs de logiciels plus compétitifs.

Promouvoir de nouvelles stratégies pour l’industrie européenne du logiciel : c’est la mission  que viennent de relever Syntec Informatique, la Chambre Professionnelle française des SSII et des Editeurs de Logiciels, ainsi que huit autres associations européennes : Aetic (Espagne), Agoria (Belgique), Assinform (Italie), Bitkom (Allemagne), ICT Office (Pays-Bas), Intellect (Royaume-Uni), IVSZ (Hongrie) et The Federation of Finnish Technology Industries (Finlande).

A l’appel de Viviane Reding, la commissaire européen chargée de la société de l’information et des médias, en novembre 2007, ces 9 associations lui ont remis, le 24 octobre dernier, le Position Paper, un ensemble de propositions destinées à promouvoir rapidement de nouvelle stratégies visant à rendre plus attractive l’industrie du logiciel en Europe. Ces recommandations s’articulent autour de trois grands axes : “rechercher et mettre en avant les talents et les ressources humaines dans le monde du logiciel, instaurer un cadre juridique général pour libérer les énergies créatives des éditeurs de logiciels, et améliorer le financement des entreprises éditrices de progiciels”, a souligné Michel Jardat, le coordinateur de ce groupe de travail.

Repérer et intégrer les nouveaux talents

“Aujourd’hui, dans le secteur du logiciel, nous manquons de 75 000 talents, sur environ 500 000 postes à pourvoir dans le secteur des NTIC”, souligne Michel Jardat. Mais encore faut-il séduire les jeunes talents…   Il conviendrait ainsi d’encourager le transfert de talents, bien présents en Europe de l’Est, vers l’Europe de l’Ouest, pour éviter la fuite des cerveaux vers les Etats-Unis. Sans oublier de valoriser les filières scientifiques, notamment auprès des femmes, et en particulier l’informatique, dans les lycées, mais aussi dans les écoles de commerce. En effet “le monde des logiciels, ce n’est pas que de la recherche et de la conception, qui font bien sûr appel à des ingénieurs, c’est aussi tout ce qui touche au marketing et à la commercialisation des produits”, selon Miche Jardat.

Il serait judicieux également, sur le court terme, de mettre en place un réseau européen informel d’expertise logicielle (l’ESEN – European Software Expertise Network) qui regrouperait des organismes professionnels, des universités et des centres d’expertises afin de créer du travail collaboratif, basé sur des échanges et des expériences.

Etablir un cadre juridique renforcé

Un cadre juridique, selon ces 9 associations, devrait aussi être élaboré pour faire du secteur européen des logiciels un acteur leader dans ce domaine. La définition même du terme “entreprise innovante” doit être repensée. Elle doit davantage prendre en compte les différents paliers d’élaboration d’un logiciel (sa conception, son développement, les tests menés, l’élaboration du packaging, sa commercialisation) et non plus seulement faire référence à la R
&D (Recherche et Développement).

Les Etats membres doivent également être capable de régler définitivement le problème du piratage des logiciels, qui entraîne à l’heure actuelle “une véritable destruction de valeur” et affaiblit ce secteur, en prenant des mesures tant éducatives que coercitives.

Améliorer le financement de l’innovation des éditeurs de logiciels

Mais “les énergies créatives des éditeurs de progiciels” ne sauraient se développer sans une amélioration du financement des “entreprises innovantes”. Une des pistes à explorer est de mieux faire connaître et de promouvoir les mécanismes de financement public-privé à l’échelle nationale, et particulièrement adaptés au secteur des logiciels. Un fonds spécifique européen du logiciel pourrait aussi voir le jour, dans le cadre du Fonds global d’investissement européen.

La Commission européenne souhaite aujourd’hui poursuivre les discussions avec l’ensemble de ces neuf associations européennes, pour ensuite être en mesure de publier un document de référence.


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