Intelligence artificielle : les ambitions européennes de la mission Villani

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Chargé par le gouvernement d’une mission sur l’IA, Cédric Villani mène les travaux sous un prisme européen voulu garant d’une « force de frappe ».

« Le principal effort va être de synthèse plutôt que d’exploration. »

Cédric Villani avait tenu ce propos en septembre dernier lors d’un entretien avec Radio Village Innovation*, après que le gouvernement lui eut confié une mission d’information sur l’intelligence artificielle.

Le célèbre mathématicien, devenu député LREM dans la 5e circonscription de l’Essonne, prévoit de présenter son rapport fin janvier – début février.

Il a fait, ce 29 novembre, un point d’étape en présence du secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi.

Au-delà des quelque 250 auditions menées en trois mois, un canal supplémentaire doit être mis en place pour collecter les contributions : une plate-forme collaborative en ligne dont l’ouverture est prévue pour la semaine prochaine.

Destinés à alimenter une stratégie nationale que le gouvernement prévoit de présenter au 1er trimestre 2018, ces travaux s’inscrivent dans la continuité des pistes d’action que la mission France IA a esquissées sous la présidence Hollande. Mais en adoptant un prisme européen, garant d’une « force de frappe ».

Le point d’étape de ce mercredi aura été l’occasion d’insister sur la mise en œuvre de l’intelligence artificielle dans un objectif d’intérêt public.

Le défi écologique aura également été abordé. Il est proposé, dans ce cadre, de créer un centre de recherche dédié à la soutenabilité du numérique et de l’algorithmie, ainsi qu’une base de données publique qui permette aux acteurs du secteur d’évaluer l’efficience énergétique de leurs technologies.

Missions croisées

Entendant se concentrer sur quatre secteurs industriels où les technologies sont les plus avancées (transport, santé, environnement, défense), la mission Villani suggère aussi des incitations au verdissement des datacenters et à la transition vers l’« après-silicium », note Actualités du droit.

Autre défi : la confiance dans les algorithmes et dans les données dont ils se nourrissent. La mission Villani cherchera à définir un rôle pour l’État dans cette problématique, en tentant de trouver le juste équilibre entre protection et valorisation économique.

Des propositions seront faites dans cette optique en matière d’ouverture et de mutualisation des données publiques et privées, tout en posant des garde-fous au travers de droits collectifs. Le futur règlement européen sur la protection des données (RGPD) devra faire office de levier et non de frein à ces démarches.

Dans un contexte de domination du marché par une dizaine de groupes privés qui concentrent ressources, talents et données entre la Chine et les États-Unis, la puissance publique devra s’attacher, entre autres à former un écosystème plus favorable à la création d’entreprises et à renforcer la formation sur l’intelligence artificielle, souligne L’Usine Nouvelle.

D’autres initiatives ont cours en parallèle de la mission Villani, dont celle de France Stratégie, saisi le mois dernier pour anticiper les impacts de l’IA sur le marché du travail. La CNIL doit par ailleurs remettre dans quelques jours à Mounir Mahjoubi ses conclusions sur la transparence des algorithmes.

* Radio Village Innovation a été mis sur les rails par le Crédit agricole au sein de sa pépinière de start-up baptisée « Le Village by CA ».

Crédit photo : Peter Kurdulija via VisualHunt.com / CC BY-NC-ND


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