Interview Thomas Serval : Kolibree lève des fonds pour sa brosse à dents connectée

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CES 2016 : Figure de la French Tech, la start-up Kolibree lève 4 millions de dollars pour développer sa brosse à dents connectée. Entretien à chaud avec son co-fondateur.

C’est une habituée du CES : la start-up Kolibree, co-fondée en 2013 par Thomas Serval et Loïc Cessot, développe une brosse à dents connectée.

Selon The WSJ, elle vient de finaliser une levée de fonds de 4 millions de dollars auprès de Cap Horn Invest, le Dental Investment Group for Health (DIGH, fond d’investissement regroupant des pros de la santé bucco-dentaire présidé par le Dr. Eric Leclercq), SEB Alliance (corporate venture) et les fonds Innovacom et SOS Ventures.

On retrouvait quasiment le même groupe d’investisseurs dans une levée de fonds initialement réalisée en avril 2015 pour un montant de « quelques millions d’euros » à l’époque.

Auparavant, la start-up avait eu recours à une campagne de financement participatif sur Kickstarter (plus de 100 000 dollars recueillis en mode crowdfunding).

L’accessoire connecté de Kolibree pour prendre soin de ses dents utilise une technologie dite « sonique » de brossage par vibrations.

L’appareil est doté de capteurs de mouvements et de pression qui permettent d’analyser le brossage.  Il est relié en Bluetooth à une app disponible pour les smartphones sous Android et iPhone. La brosse à dent – étanche, légère et maniable – se recharge par induction (sans fil) sur son socle.

La concurrence s’active dans le créneau investi par Kolibree : Beam Technologies a levé 5 millions de dollars en août 2014 pour sa propre brosse à dents. Sans compter les initiatives prises par des poids lourds du secteur qui se font aussi les dents sur l’IoT comme Procter & Gamble, Oral-B, Colgate et Philips Sonicare.

Présent au CES, nous avons contacté Thomas Serval par Facebook pour recueillir ses impressions après l’annonce de cette levée de fonds.

(Interview réalisée le 6 janvier 2016)

ITespresso.fr : Comment comptes-tu aller plus loin avec Kolibree après cette levée de fonds ?

Thomas Serval : On a plein d’autres trucs dans le pipe : un partenariat avec Ubisoft autour des Lapins Crétins pour la sensibilisation des enfants vis-à-vis de l’hygiène bucco-dentaire (app ludique), lancement d’un nouveau produit pour les enfants et une version adaptée au marché des dentistes.

Pour revenir sur cette levée de fond spécifiquement, c’est surtout une étape à travers laquelle nos investisseurs se rendent compte du potentiel d’une plateforme de prévention basée sur les objets connectés.

Nous voulons lever au moins 10 millions de dollars cette année auprès d’investisseurs internationaux qui peuvent encore accélérer notre croissance et nous ouvrir de nouveaux marchés.

ITespresso.fr : Où en est la commercialisation de votre brosse à dents ? Quels canaux de distribution ?

Thomas Serval : Nous avons sorti une version 1.1 en octobre aux USA (fin novembre en France). La brosse à dents est disponible à la FNAC, et surtout en ligne sur Amazon et notre site Web.

Nous privilégions la vente via les dentistes dans les pays où c’est possible.

Donc, le produit est disponible avec une jolie courbe exponentielle pendant les fêtes. C’est un peu trop tôt pour en tirer des leçons mais les premiers feedback sont très positifs avec des témoignages de parents qui nous disent que ça a changé la vie de leurs enfants.

ITespresso.fr : C’était donc le premier vrai Noël pour Kolibree. Peut-on avoir une idée du nombre d’unités écoulées ?

Thomas Serval : On ne communique pas encore publiquement nos chiffres.

ITespresso.fr : Comment perçois-tu la présence French Tech à Las Vegas en compagnie des autres start-up IoT ? C’est plus pour la visibilité ou le business ?

Thomas serval : La French Tech, je l’ai bêta-testée au lancement de Kolibree il y a deux ans. Ce qui est impressionnant, c’est la vague de start-up qui osent …Et ça, c’est bien.

Mais le CES, on y va pour trouver des clients donc il faut surtout faire attention  à se tourner vers le reste du monde et ne pas trop se regarder entre nous.

Donc la French Tech, c’est top quand ça nous aide à signer de nouveaux clients ou par exemple quand cela nous aide à trouver de nouveaux investisseurs comme cela a été le cas pour Kolibree. C’est une arme à l’export!


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