Java : Sun ne soutient pas le projet de la Fondation Apache

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Selon un vice-président de Sun, le développement d’une implémentation open source de Java présenterait un réel danger de scission du langage. Sun n’apporterait donc pas son soutien au projet de la Fondation Apache.

Sun Microsystems a émis de “sérieux doutes” sur l’utilité du dernier projet de la Fondation Apache (voir édition du 10 mai 2005), qui souhaite créer une implémentation open source de Java 2 Standard Edition (J2SE).

Dans une interview accordée à VNUnet.com, James Grosling, créateur de Java et vice-président de Sun chargé des langages de programmation, a expliqué qu’il ne comprenait pas pourquoi le consortium s’était lancé dans ce projet. “Je ne ferais jamais ça, a-t-il déclaré à propos du Projet Harmony d’Apache, j’ai tellement de choses plus intéressantes à faire dans ma vie.”

La Fondation Apache, qui a annoncé le lancement de son projet en ce début de mois, a pour ambition de réunir un groupe de développeurs afin de créer une implémentation open source de J2SE, un élément indispensable pour faire fonctionner le code Java sur les ordinateurs de bureau.

Des tests de compatibilité obligatoires

Sun exige des implémentations J2SE qu’elles passent des tests rigoureux avant de pouvoir se targuer d’être compatibles Java. Cela permet de s’assurer de la compatibilité entre les différentes implémentations, mais signifie également que les fonctionnalités du produit final sont identiques à l’offre existante de Sun.

Sun a mis en place cette politique afin d’éviter une fragmentation du langage qui forcerait les développeurs à faire certifier leur code pour chacune des variantes. Un développement de ce type a permis aux distributions Linux Red Hat et SuSe de devenir les standards de facto. Les principaux revendeurs de logiciels, tels que Computer Associates ou Oracle, font désormais certifier leurs logiciels uniquement pour ces deux distributions.

Les développeurs opposés à l’ouverture du code de Java

“Je comprends les motivations de la Fondation Apache”, explique James Gosling. “Mais de notre point de vue, ce serait plus destructeur qu’utile car cela mènerait forcément à une scission de Java.” Le responsable affirme que les développeurs soutiennent Sun dans son refus d’ouvrir le code source de Java, mais que leur position est éclipsée par des partisans de l’open source plus médiatiques.

Sun n’apportera pas sa contribution au projet de la Fondation Apache, a ajouté Gosling, contrairement à ce qu’avait déclaré récemment un autre vice-président de Sun sur son weblog. “Nous avons à peine le temps de travailler sur notre propre implémentation J2SE. Nous serions ravis de coopérer et d’apporter notre aide mais nous ne pouvons pas nous le permettre”, a-t-il confié à VNUnet.com.

Un J2SE open source serait compatible avec plus de matériels

En réponse aux remarques de James Gosling, Geir Magnusson, un développeur indépendant travaillant pour la Fondation Apache, a indiqué à VNUnet.com que le consortium n’avait pas l’intention de scinder Java. Selon lui, une implémentation J2SE open source permettrait au logiciel d’être adopté par d’autres matériels, alors que l’implémentation de Sun est compatible uniquement avec Solaris, Linux et Windows.

Geir Magnusson a ajouté que les fournisseurs actuels de J2SE, tels que BEA, IBM ou Sun, ont tous créé et testé leur propre logiciel. Une implémentation open source leur permettrait de partager ce travail. Cependant, le développeur ne se montre pas surpris de la réaction hostile de Sun : “Sun ne croit pas vraiment en notre capacité à mener ce projet à terme”, affirme-t-il.


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