Jeux d’argent en ligne : le gouvernement passe à la phase répression

Mobilité

Un plan d’action interministériel a été présenté en Conseil des ministres
afin de mieux “contrôler” le marché.

Chose promise, chose due. Le gouvernement enclenche une série de mesures visant à endiguer la vague des services de jeux en ligne d’argent qui tentent de se faire une place sur le marché français outrepassant le monopole du PMU et de la Française des Jeux dans ce domaine. La menace d’un accroissement des sanctions pesait depuis quelques semaines (voir édition du 20 septembre 2006).

Le mercredi 18 octobre, à l’occasion du Conseil des ministres, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, Jean-François Copé, ministre délégué au Budget et à la Réforme de l’État, ont présenté un plan d’action interministériel “pour mieux contrôler les jeux d’argent en ligne”.

Le gouvernement n’hésite pas à trancher dans le vif : des poursuites judiciaires “systématiques” seront entreprises contre les personnes se livrant à de la publicité en faveur de sites de jeux illégaux. On comprend les hésitations de RMC qui a Bwin.com comme sponsor de ses programmes de sport. Selon Satellifax, la station de radio envisage sérieusement de rompre l’accord commercial qui le lie au service de paris sportifs en ligne.

Autre annonce lors du Conseil des ministres : la prochaine discussion du projet de loi relatif à la prévention de la délinquance à l’Assemblée nationale devrait aboutir à un renforcement des sanctions contre ce type de publicités.

La Commission européenne aux aguets

Sous un angle plus pédagogique et de prévention, un observatoire des jeux d’argent liés aux nouvelles technologies, piloté par le ministère de l’intérieur, est mis en place pour effectuer une veille sur Internet.

Le gouvernement tient à se montrer volontariste sur le thème du jeu responsable pour éviter le phénomène de dépendance aux jeux d’argent. Récemment, il a créé un comité consultatif pour l’encadrement des jeux et du jeu responsable (COJER).

Néanmoins, la prise de position gouvernemtale semble aller à l’encontre des recommandations européennes. La semaine dernière, Bruxelles a ouvert une enquête contre l’Etat français sur les “entraves” sur ce marché protégé par les plus hautes instances nationales (voir édition du 12 octobre 2006).


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