Kering cède La Redoute à ses dirigeants : le numérique pour un euro symbolique

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Le groupe Kering est prêt à confier les clés de La Redoute à Nathalie Balla et Éric Courteille. Pour “conserver sa place de leader sur Internet dans l’habillement et la maison en France”.

Le conseil d’administration du groupe Kering  vient de choisir le repreneur de La Redoute, dont il voulait se séparer.

Après avoir épluché de multiples dossiers pour prendre le relais, l’ex-PPR est entré en négociation exclusive avec Nathalie Balla, actuelle Directrice générale de La Redoute et Éric Courteille, Secrétaire général de Redcats (pôle vente à distance de Kering dont la voilure a été réduite il y a un peu plus d’un an en revendant deux marques aux Etats-Unis The Sportsman’s Guide et The Golf Warehouse).

Le projet de reprise proposé par ces deux managers a comme périmètre La Redoute et Relais Colis, auquel s’associent quelques responsables supplémentaires des deux structures.

Nathalie Balla et Eric Courteille vont créer une nouvelle entité et y investir à titre personnel.

Ils co-présideront l’entité dont ils détiendront conjointement la majorité, le solde du capital étant réparti au sein de l’équipe de direction.

La période de négociations exclusives doit s’achever avant la fin du premier semestre 2014.

Elle devrait aboutir à une reprise intégrale – pour un euro symbolique – du capital de La Redoute par la nouvelle entité, auquel s’ajoutera celui de Redoute International et de Relais Colis.

Comme elle s’y était engagé lors de l’annonce de la cession de La Redoute, le groupe Kering va réinjecter plusieurs centaines de millions d’euros afin de recapitaliser l’ensemble.

Un soutien financier non négligeable au regard de la situation du groupe vépéciste : le chiffre d’affaires de La Redoute baisse de 10% par an depuis 2010 (1 milliard d’euros pour 2013), assorti d’une perte de plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année.

Le groupe devra engager des “nouveaux projets de transformation et de modernisation” des entreprises. Notamment des investissements commerciaux et lié à la logistique et à l’informatique

Mais il faudra aussi passer par une case de restructuration. Prenant acte de la décision de Kering, les syndicats sont bien entendus attentifs et demandent un minimum de “casse sociale”, dans un contexte où le groupe a parlé d’emblée d’une restructuration nécessaire et imparable avec à la clé plus de 700 postes menacés sur les 3300 que compte La Redoute (dont 2400 en France).

François-Henri Pinault, P-DG de Kering, a expliqué dans un communiqué : “La priorité pour La Redoute est de poursuivre et d’accélérer sa transformation afin de pouvoir assurer sa pérennité. Cela suppose de mobiliser l’ensemble des salariés et des managers autour d’un projet d’entreprise solide et pertinent sur le plan industriel et commercial. Kering s’est donc tourné vers un tandem de managers expérimentés et complémentaires, connaissant très bien La Redoute. Je suis convaincu que Nathalie Balla et Éric Courteille, avec le soutien des managers, sont les plus à même de réussir la transformation nécessaire pour permettre à La Redoute de conserver sa place de leader sur Internet pour l’habillement et la maison en France.

Appelés à présenter prochainement et en détail leur projet de reprise aux salariés, les deux repreneurs désignés par Kering s’avèrent confiants et se veulent rassurants pour les personnels. Ils indiquent dans un communiqué : “Parce que nous la connaissons bien, nous avons une vision très précise de l’avenir de l’entreprise et des moyens à mettre en œuvre pour la redresser. Après la mutation commerciale de La Redoute vers le numérique, nous voulons poursuivre et accélérer la transformation de l’entreprise dans le cadre d’un projet industriel de long terme capable d’assurer le retour à la croissance. (…) Ce projet entend maintenir l’activité de l’entreprise sur son bassin historique et y maintenir le maximum d’emplois.

Laredoute.fr est considéré comme le 1er site d’achats d’Habillement et de Décoration en France, avec en moyenne plus de 7 millions de visiteurs uniques par mois. En 2013, Internet représente plus de 85% du chiffre d’affaires France de la marque qui est également présente sur les applications smartphones et les réseaux sociaux.

Présent dans 20 pays, le vépéciste recense  plus de 10 millions de clients actifs dans le monde.

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