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Actualité

Newspaper - journal - information

La copie privée sur la sellette à Bruxelles

Face à la réforme de la copie privée en vue à Bruxelles, les représentant des
artistes dénoncent une campagne de désinformation des industriels.

« La communauté culturelle européenne est inquiète. Elle se sent gravement menacée. » Le 18 octobre 2006, à l’occasion d’une conférence de presse donnée au Parlement européen à Bruxelles, AEPO-ARTIS a annoncé la création de l’alliance « Culture d’abord ». AEPO-ARTIS représentent 27 sociétés de gestion de droits des artistes en Europe dont l’Adami et la Spedidam en France. Cette alliance vise à défendre l’avenir de la copie privée.

Instaurée en France par la loi du 3 juillet 1985, la copie privée est une exception du droit qui autorise la copie d’oeuvres artistiques. En contrepartie, le support vierge qui reçoit l’oeuvre en question est taxé et donne lieu à rémunération aux artistes via les organismes de collectes qui les redistribue aux sociétés de gestion des droits des artistes. Depuis son instauration, la copie privée n’a cessé de s’étendre. Après les cassettes audio et vidéo, elle touche aujourd’hui les CD et DVD vierges, baladeurs numériques MP3 et vidéo (comme l’iPod d’Apple), cartes mémoires et décodeurs de salons dotés de disques durs. Elle devrait prochainement s’étendre aux disques durs externes et aux nouvelles génération de DVD (HD et Blu-ray, voir édition du 18 septembre 2006).


Aujourd’hui, ce soutien financier à la création artistique serait menacé selon l’Alliance Culture d’abord à laquelle se joignent notamment les voix de Bertrand Tavernier, Luc et Jean-Pierre Dardenne, Pedro Almodovar, Penelope Cruz, Axelle Red, Yves Duteil ou encore Victor Manuel, ainsi que nombre d’artistes d’oeuvres musicales, audiovisuelles, littéraires, graphiques et plastiques, etc., représentés par les sociétés de gestion Aidaa, Biem, Cisac, Eurocinema, Eurocopya, Eva, Icmp/Ciem, Fera, Fia, Fiapf, Gesac, Giart, et Impala. Selon eux, « l’industrie [des produits électroniques] exerce depuis plusieurs mois auprès des institutions européennes comme de l’opinion un lobbying sans retenue et aux yeux des créateurs sans réel fondement. »

Dernière opération de lobbying en date, une lettre ouverte signée par les dirigeants de Philips et Nokia. Celle-ci visait à alerter la Commission européenne sur les effets néfastes de la copie privée sur leurs affaires. Ils estiment notamment que la taxe, différemment appliquée selon les pays, crée de la distorsion sur les marchés européens. Représentés par l’Eicta, les industriels européens estiment à 1,5 milliard d’euros le montant de la redevance (de toute façon payée par le consommateur final).

Des arguments sans valeur, selon l’Alliance d’artistes. « Il est temps en effet de tordre le coup à une propagande éhontée basée sur des arguments fallacieux et des chiffres ? volontairement ? ? erronés », souligne le communiqué de Culture d’abord. Selon l’Alliance, la copie privée ne freine d’aucune manière le développement des industriels. Et de donner pour exemple le niveau de pénétration de lecteurs MP3 en France et en Allemagne, où s’exerce la copie privée, équivalent à celui de l’Angleterre, « dispensée » de ce système de rémunération. De même, la copie privée instaurée dans 20 Etats s’élève à 560 millions d’euros en 2004. Soit trois fois moins que ce qu’annoncent les industriels.

En conséquence, les représentants des artistes regrettent « que des données économiques erronées ou encore résultant d’extrapolations hasardeuses circulent et déplore encore plus que du crédit soit accordé par la Commission à ces chiffres fantaisistes » et s’étonnent « du parti pris manifesté par la Commission, de son apparent dédain pour la création artistique ». Charlie McCreevy, commissaire européen au Marché intérieur, a effectivement annoncé préparer une recommandation aux Etats membres et acteurs économiques visant à rendre plus transparent le système de copie privé actuel.

Derniers commentaires




2 Responses to La copie privée sur la sellette à Bruxelles

  • Le 24 octobre 2006 à 0:00 par Duncane

    Dites vous croyez que si l’on demande le remboursement de la taxe sur les DVD on sera remboursé ?

    En effet depuis le passage de la DADVSI, la copie privée de DVD n’est plus autorisée en France, ou alors c’est un autre truc, mais ça s’est passé à  peu près en même temps, avec leur système en 3 étape pour vérifier si une copie privée impact le marché ou non.

  • Le 28 octobre 2006 à 0:00 par musicien par passion

    Au vu de tout ce que l’on peut lire et entendre concernant la copie privée, je détiens peut-être LA solution! Interdire purement et simplement la vente et la fabrication sur le territoire des K7, CD, DVD vierges, Disques durs, Magnetoscopes, enfin tout ce qui peut enregistrer mais par contre les artistes s’engagent à  ne plus faire payer l’entrée à  leurs concerts. Qu’en pensez vous? Parce qu’apparemment les « artistes » voudraient bien le beurre, l’argent du beurre, la crèmerie, la vache et le c… de la cremière. Après que vous ayez pris tout ça messieurs et mesdames les soi-disants artistes, peut on garder l’herbe ou doit on payer sans arrêt pour que vous puissiez vous acheter le dernier cabriolet à  la mode ou aller vous torcher le museau aux bains ou autres disco a la mode?? Soyez plus humbles ce sera déjà  un grand pas vers le futur et n’oubliez pas que vous existez grâce à  ceux qui vous ecoutent, vous lisent ou vous regardent. A bon entendeur…

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