La France marque quelques points dans la société de l’information

Mobilité

Selon un rapport d’étape du plan Reso 2007, les foyers français ont fait des effort pour se doter de matériel informatique et d’accès Internet. Et l’administration en ligne émerge.

Présenté fin 2002 par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (voir édition du 13 novembre 2002), le plan Reso 2007, qui a fixé les orientations de la politique gouvernementale en faveur des nouvelles technologies de l’information, entre dans sa deuxième phase. Ce qui a donné l’occasion de présenter un bilan de mi-parcours. La France serait bien placée dans certains domaines, comme les débits et les tarifs proposés pour la connexion Internet, selon un rapport présenté jeudi 28 octobre 2004 intitulé la Société de l’information en France en 2004.

En deux ans, l’informatisation de la société française a fortement progressé. Notamment en matière d’équipement des ménages. En 2002, moins de 36 % des foyers disposaient d’un ordinateur familial. En 2004, 44 % des foyers devraient être équipés. Près de 740 000 foyers auraient investi dans l’achat d’un PC pour pouvoir se connecter à la Toile. Pourtant, seuls 29 % des foyers disposent d’une connexion au Net. Ils étaient 24 % en 2002. De plus; 3 000 points d’accès NetPublic permettent aujourd’hui à tout citoyen de naviguer sur le réseau mondial.

Si la France dépasse la moyenne européenne de 43 % de foyers équipés, elle reste bien en deçà des pays les plus industrialisés. Les Pays-Bas (67 % des foyers dotés d’une unité centrale), l’Allemagne (52 %), la Belgique et le Royaume Uni (45 % chacun) devancent l’Hexagone. Une insuffisance en équipement qui “constitue sans doute l’un des freins les plus persistants identifiés à l’occasion de ce bilan”, lit-on dans le rapport. “Le micro-ordinateur demeure en effet la clef d’entrée dans la société de l’information et la couverture totale du territoire en haut débit ne fera sens que si un maximum de foyers disposent de l’outil principal pour en bénéficier.” Le haut débit, produit d’appel pour la connexion Internet

Pourtant, l’accès Internet a pris son essor avec le décollage du haut débit. La France comptera 6 millions d’abonnés haut débit à la fin de l’année contre 3,6 millions en 2003 (voir édition du 15 octobre 2004). Un décollage dû au dégroupage des lignes ADSL dont le nombre est passé de moins de 700 en 2002 à plus de 1 million en octobre dernier. Cette accélération du dégroupage, et l’émulsion de la concurrence qui en découle, place désormais la France à la 7ème place européenne en matière d’accès haut débit devant l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Du coup, les usages ont évolué. Avec 14 heures et 6 minutes par mois à surfer en 2003, le temps passé devant l’écran informatique a augmenté de 30 % par rapport à 2002. Et le temps passé sur le réseau devrait progresser avec le développement des offres “triple play” qui acheminent Internet, la téléphonie et la télévision.

Le premier secteur à tirer parti de la vulgarisation du Net et du haut débit est le commerce électronique qui s’appuie désormais sur 9,5 millions de clients contre 7,5 millions en 2003. Entre les premiers trimestres 2003 et 2004, le nombre de consommateurs sur Internet a progressé trois fois plus vite (+38 %) que celui des internautes (+11 %).

7 000 sites Internet publics

Les services de l’administration tirent également parti du Net. En 2004, plus de 1,2 million de Français ont effectué leur déclaration de revenus 2003 en ligne. Trois fois plus qu’en 2002. Neuf formulaires sur dix sont désormais disponibles en ligne et 7 000 sites Internet publics sont désormais en fonction. En augmentation de 69 % en 2004, la consultation des sites de l’administration par les Français dépasse celle des Allemands et des Anglais. Motifs invoqués : éviter les déplacement et l’attente (63 %), gagner du temps sur les délais postaux (36 %) ou encore diminuer les procédures (27 %).

Si “le plan Reso 2007 a contribué à engendrer dans notre pays un ‘déclic du numérique'”, selon les rapporteurs, de nombreux efforts restent à faire. Notamment en matière d’accès haut débit dont les zones rurales et certains quartier trop éloignés des répartiteurs téléphoniques sont privés. Le gouvernement a, pour cela, débloqué une enveloppe de 100 millions d’euros afin de lancer une cinquantaine de projets de mise en place de réseaux de communication (voir édition du 18 décembre 2003) et dont un rapport sur les effets doit être rendu en fin d’année.

Le ministère de la Recherche, conjointement avec la Datar (délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale), a par ailleurs lancé des appels à projets dotés de 5 millions d’euros pour l’expérimentation de technologies alternatives au haut débit filaire (couple satellite/wi-Fi, courant porteur en ligne…). Objectif : couvrir l’intégralité du territoire pour 2007 et atteindre les 10 millions d’abonnés haut débit.


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