La situation reste confuse chez l’hébergeur Amen

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Après l’annonce du rachat de la société-mère de l’hébergeur français par ClaraNet, une partie des salariés poursuivent la grève et des clients sont mécontents. Enquête.

Au dernier pointage, le vendredi 13 mai, c’était le 29ème jour de grève chez Amen, un prestataire français de services Internet (hébergement de sites Internet, dépôt de noms de domaine…). Ce mouvement de protestation a éclaté dans un contexte de rachat de Via Net Works, maison-mère du service Amen, au groupe britannique ClaraNet. En l’état actuel, 27 collaborateurs d’Amen persistent dans leur mouvement de protestation tandis qu’une douzaine d’autres ont décidé de continuer de travailler. Il n’existe aucune représentation syndicale au sein de la société. La principale revendication des grévistes porte sur des garanties écrites sur le volet social. Les grévistes craignent qu’une fois l’acquisition finalisée (prévu début juin), la plate-forme technique d’Amen fasse l’objet d’une migration outre-Manche, en laissant les salariés sur le carreau.

Toujours selon les protestataires, la direction actuelle de Via Net Works et le futur propriétaire ClaraNet restent muets sur le sujet. “Vendredi, nous devrions rencontrer un responsable de la direction de ClaraNet France mais je doute qu’il nous apporte des réponses concrètes”, explique un salarié gréviste qui a souhaite garder l’anonymat. Il semblerait qu’une réunion avec Charles Nasser, PDG de ClaraNet, devrait être organisée “en fin de semaine prochaine”, peut-on lire dans une contribution déposée vendredi sur le blog des salariés en grève.

Contacté par Vnunet.fr, Dick Theunissen, Président d’Amen, a apporté une réponse par e-mail mercredi en fin de journée. Le dirigeant assure que des engagements ont pourtant été pris. “Le 18 avril 2005, la direction de ClaraNet a reçu une délégation de grévistes d’Amen. Lors de l’entretien, ClaraNet a clairement précisé que ni licenciements chez Amen, ni migration de plates-formes techniques n’étaient envisagés, et que bien au contraire, la stratégie de ClaraNet est de poursuivre et renforcer le développement d’Amen, en France comme à l’étranger”. Cette position aurait été “confirmée à nouveau ce jour” (donc en date du mercredi 11 mai).

Menace d’actions en justice

La grogne a pris de l’ampleur pour toucher les clients, qui ressentent des errances au sein d’Amen France en termes de gestion des commandes à réaliser et d’assistance technique. Là aussi, le discours de la direction d’Amen France se veut rassurante. “Le service est assuré par 50% des effectifs d’Amen, renforcés par les équipes européennes de Via Net Works mobilisées pour soutenir le service Client.”, explique Dick Theunissen.

Mais le son de cloche est assez différent du côté des clients d’Amen qui se rassemblent en collectifs. “En moyenne, nous recevons 20 plaintes par jour à travers le formulaire en ligne que nous avons mis en place depuis une semaine”, explique Dominik Fusina, un client d’Amen qui anime un forum dédié sur le site Fusina.net, qui a basculé depuis sur l’URL plus explicite Amenhelp.org. Celui-ci reproche un manque d’information patent sur la situation actuelle. “Même pas un petit avertissement sur la page d’accueil du site d’Amen”, soupire Dominik Fusina.

Avec l’appui de l’Association des Défenseurs du Numérique qu’il préside, celui-ci n’hésite pas à brandir la menace de poursuites en justice à l’encontre d’Amen, si la situation ne s’améliore pas. Mais là aussi, on a l’impression de tourner en rond. Interrogé sur les doléances des clients, la direction de l’hébergeur indique “être en contact avec le forum Fusina, afin de traiter au mieux leurs demandes”. Rappelons qu’Amen affiche 100 000 clients. Un autre site d’aide entre clients d’Amen a également fait son apparition : Forum-greve.info.


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