Le business des ‘.biz’ est lancé

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La première phase pour espérer enregistrer un nom de domaine en “.biz” a débuté. Exclusivement réservée aux entreprises qui peuvent soumettre leur déclaration de propriété intellectuelle, la procédure est relativement complexe. Et les sociétés peuvent préenregistrer autant de fois qu’elles le souhaitent le même nom pour augmenter leurs chances en cas de tirage au sort !

Depuis le 27 juin, le “.biz” a été officiellement ajouté au système de serveur racine qui contrôle Internet. Pourtant le nouveau gTLD (generic top level domain name) ne sera pas actif avant octobre prochain. D’ici là les sociétés peuvent tenter de protéger leurs marques en suivant une procédure dite “demande de PI” (pour protection intellectuelle). Le 20 juin, on apprenait que la période de soumission était étendue d’un mois jusqu’au 6 juillet 2001. “Durant le premier mois d’offre du service de demande de PI, nous avons observé un intérêt énorme de la part d’entreprises de toutes tailles,” explique Douglas Armentrout, PDG de NeuLevel, la société à laquelle l’Icann a confié le “.biz”, “cette extension va offrir l’opportunité à toutes les sociétés intéressées de protéger leurs marques déposées durant le lancement du ‘.biz’ en remplissant une demande de PI”. Les mauvaises langues diront qu’il s’agit surtout pour NeuLevel d’un bon moyen de récolter un peu plus d’argent, chaque demande de PI étant bien entendu payante.

Puisqu’un qu’un même nom peut-être réservé par plusieurs entreprises différentes mais avec la même raison sociale, il a été prévu une procédure de résolution de conflit accélérée, pendant laquelle le nom de domaine ne sera pas activé. Après, les victimes de cybersquatteurs qui ne seront pas passées par une demande préalable de PI devront engager une procédure de litige traditionnelle car la loi du “premier arrivé, premier servi” s’appliquera de nouveau (comme actuellement pour les “.com”). Ne restera ensuite que le recours devant l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle).

3 millions de demandes prévues en trois semaines

Stéphane Périno, directeur et fondateur de l’Agence Virtuelle, spécialisée dans l’e-branding, s’inquiète du dynamisme des sociétés américaines face à leurs homologues européennes. “Le lobbying américain a été énorme”, affirme-t-il, “l’histoire risque de se répéter”. “Les Etats-Unis vont prendre l’Europe de vitesse.” D’après une étude “de deux cabinets américains”, le rush vers les “.biz” serait de taille : “Ils prévoient plus de 3 millions de demandes dans les trois semaines après le lancement du ‘.biz'”, presque 10 % des quelque 35 millions de “.com” qui existeraient à l’heure actuelle. Non sans faire la publicité de son commerce, Stéphane Périno exhorte les entreprises à “verrouiller leurs marques”.

Résolution de conflits par tombola

Chez Voxpop, la première phase n’a pas encore commencé, elle débutera “d’ici deux ou trois jours”, assure Peter Cousyn, assistant de direction chez l’hébergeur. “Cela a été brouillon”, regrette-t-il faisant notamment allusion aux changements de dates, “mais le processus est désormais clair”. Clair peut-être, mais complexe. “Nous avons une grosse demande d’informations sur le ‘.biz'”, concède-t-il. Voxpop propose plusieurs offres pour un “.biz”, la plus coûteuse propose le multiple préenregistrement automatique : 200 fois le nom choisi pour la même société. En effet, les sociétés peuvent soumettre autant de fois qu’elles le souhaitent le même nom, à condition bien entendu de payer. Car si deux entreprises possèdent le droit d’exploiter un même nom, le bénéficiaire sera désigné par tirage au sort… et plus on a de tickets de loterie, plus on a de chances de gagner !

Au fait, à quoi ça sert le “.biz” ? Interrogé récemment par Libération, Laurent Chemla, l’un des associés de la société Gandi, enregistreur de noms de domaine, déclarait : “J’ai demandé à l’un des membres du bureau de l’Icann quel était l’intérêt d’enregistrer un nom avec ce nouveau suffixe [le ‘.biz’, Ndlr]. Il a commencé par me répondre que cela allait désembouteiller le domaine ‘.com’. Puis il m’a regardé droit dans les yeux et m’a juste dit : 43 milliards de dollars.” Sans commentaires.


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