Le gouvernement veut intensifier la lutte contre la cybercriminalité

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Le ministre de l’Intérieur se montre déterminé à combattre les fraudes, la pédopornographie et l’incitation à la haine raciale en ligne. L’effectif de la principale unité de policiers spécialisés va ainsi être doublé.

Le ton avait été donné dès son discours du 24 juin 2004 concernant les “nouveaux chantiers prioritaires”. Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur, a affirmé que la lutte contre la cybercriminalité sera l’une de ses principales préoccupations. A l’occasion d’une visite effectuée dans la journée de mardi dans les principales unités de police spécialisée, le ministre a apporté des précisions sur le dispositif qu’il compte mettre en place, tout en rappelant les principaux délits constatés sur Internet : paiements frauduleux, pédopornographie et incitation à la haine raciale sur Internet.

Selon les chiffres officiels retenus par le ministère de l’Intérieur, 464 infractions relatives à la pédopornographie et 164 affaires de haine raciale ont été recensées en 2003. Quant au nombre d’escroqueries et fraudes observés dans le domaine des nouvelles technologies (l’Internet mais aussi les cartes à puces), il est évalué à 12 000 sur la même année.

Des effectifs renforcés

Principal engagement du ministre de l’Intérieur : une augmentation de 300 à 600 du nombre de policiers et gendarmes spécialisés dans la lutte contre la cybercriminalité d’ici 2007. En guise d’exemple, l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC) devrait voir son effectif doubler. L’unité spécialisée rattachée à la Direction centrale de la police judiciaire, fer de lance de la lutte contre la cybercriminalité, devrait compter 80 limiers du Net à cette échéance.

La surveillance du Web devrait s’accroître afin de détecter les contenus illicites plus rapidement et plus efficacement, grâce à des pôles d’expertise qui seront développés autant du côté de la gendarmerie que de celui de la police nationale. Dominique de Villepin compte également mettre en place des passerelles entre les unités spéciales et les pôles universitaires spécialisés dans les nouvelles technologies.

L’OCLCTIC peut également s’appuyer sur les enquêteurs spécialisés en criminalité informatique des Services régionaux de police judiciaire (SRPJ), ainsi que sur deux services spécialisés : la Brigade centrale pour la répression des contrefaçons de cartes bancaires (BCRCCB) et la Brigade d’enquête sur les fraudes aux technologies de l’information (Befti), qui intervient sur Paris et les départements périphériques.


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