Le monde est de plus en plus petit chez Facebook

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Facebook apporte une correction à la théorie qui veut que tout individu soit séparé de quiconque sur la planète par une chaîne de 6 intermédiaires. Les réseaux sociaux ont réduit ce chiffre à 4,74.

Il aura fallu attendre l’avènement de Facebook pour gratifier la théorie des 6 degrés de séparation d’un amendement de rigueur.

L’empirique sociale réduit à une moyenne de 4,74 individus la fracture qui sépare tout internaute de l’ensemble de ses semblables sur le globe, quand la voie postale, en des temps immémoriaux qui érigeaient le papier en roi incontesté, accouchait d’un 6,2 significatif  – les fameux 6 degrés de séparation, chers au romancier Frigyes Karinthy et au psychologue Stanley Milgram.

Dans l’absolu, Mark Zuckerberg peut se targuer d’avoir resserré les liens entre ses 800 millions de membres, au prix d’une chaîne humaine réduite d’un à deux éléments, d’où une expérience communautaire écourtée.

Et c’est là tout le paradoxe de la situation. Pour mieux appréhender ce tournant consécutif à l’émergence du Web 2.0, il faut remonter à 1929, année plombée d’une crise économique qui a éclipsé les suggestions du dénommé Frigyes Karinthy.

Instigateur d’un concept que l’expérience n’a jamais réellement corroboré, sans pour autant y apporter un quelconque démenti, cet écrivain hongrois avait évoqué, à l’appui d’un raisonnement dénué de toute preuve scientifique, ce seuil symbolique des 6 degrés.

Un chiffre que contredisent Facebook et Yahoo, à la base des conclusions tirées du Small World Experiment, version modernisée d’une étude initiale menée en 1967 auprès de 300 résidents américains de l’Etat du Nebraska.

Ces derniers avaient été chargés de faire parvenir, avec le seul concours de leurs connaissances, une lettre à un cobaye situé à l’autre bout du pays.

Disparates, les résultats avaient accouché d’une moyenne autrement évocatrice : environ 6 intermédiaires étaient nécessaires pour qu’un pli arrive à bon port.

Version modernisée de cette entreprise restreinte, le Small World Experiment fait suite à une expérience similaire déployée en 2008 par Microsoft.

Comme le rappelle Gizmodo.fr, la prise de pouvoir du numérique et des relations virtuelles laissait augurer d’une redéfinition du concept.

Il semble que les observateurs avaient vu juste. 92% des titulaires d’un compte Facebook ne sont plus séparés du reste du monde que par un peu plus de quatre maillons, dans une chaîne plus courte et nécessairement génitrice de moindres affinités.

Une question perdure : les réseaux sociaux sont-ils fédérateurs ou contribuent plutôt à l’isolement d’une communauté dont les effectifs tutoient le milliard d’individus ?


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