Le Musée de l’informatique ouvre définitivement ses portes à la Défense

Mobilité

200 pièces de collection pour retracer l’histoire de l’informatique. Et relancer l’attractivité de la Grande Arche.

Combien pesait le premier ordinateur portable? Quand est apparu l’IBM PC? Qu’est-ce qu’une mémoire à tore de ferrite? Comment travaillaient les informaticiens dans les années 60? De quand date la première machine à calculer de Pascal? Et le Macintosh? Qu’est-ce qu’un Cray? Qui a construit le Micral, premier micro ordinateur à utiliser les processeurs Intel? Toutes les réponses, et bien d’autres, se trouvent au Musée de l’informatique installé sur le Toit de la grande Arche de la Défense.

Officiellement, le musée a ouvert ses portes hier, mardi 15 avril 2008. Dans les faits, l’espace existe depuis juin 2007. Et ce qui ne devait durer qu’une saison, s’est prolongé au fil des mois et du succès (l’exposition a attiré plus de 220 000 visiteurs en 8 mois environ) pour s’imposer comme une exposition permanente.

A partir de plus de 200 pièces de collections privées (particuliers, associations, entreprises…), de projections de films et de diapo, le musée retrace l’histoire, pourtant fraîche, de l’informatique depuis le début du 20e siècle. “Il me semblait dommage qu’il y ait des musée de l’Air ou de l’Automobile, qui sont également des industries jeunes, et pas de l’informatique“, commente Philippe Nieuwbourg, directeur du musée et à l’origine de l’initiative avec Stéphane Mathon. “Ça m’a paru le bon moment pour installer la collection de manière permanente car, si on parle souvent du futur à travers l’informatique, on évoque rarement le passé. Or, c’est en retraçant les grandes étapes passées que l’on peut anticiper sur le futur“, ajoute-t-il.

Une exposition tactile

Le visiteur est ainsi entraîné dans l’histoire de la mécanographie et des nouvelles technologies de l’information par un fil conducteur chronologique matérialisé par une sorte de meuble orange serpentant le long des pièces et des panneaux d’information agrémentés de quelques reconstitutions historiques. “Si aujourd’hui on pilote son ordinateur téléphone dans le creux de sa main, à l’époque on se déplaçait dans le système informatique“, s’amuse Philippe Nieuwbourg devant la reconstitution d’une salle informatique des années 60 encombrée d’armoires de calcul, de mémoire, de lecteur de cartes, de disques durs et autres imprimantes aussi grande qu’un bureau ministériel.

Si aucune des machines exposées n’est fonctionnelle, il est néanmoins possible de “toucher” certaines pièces. “L’exposition conserve un côté tactile qui permet de s’approprier les machines“, soutient son initiateur. Et la visite s’enrichira prochainement d’audioguides en 6 langues (anglais, espagnol, italien, allemand, russe et chinois) pour mieux accompagner le visiteur dans sa découverte.

Outre les 400 mètres carrés consacrés à l’exposition permanente (elle doit rester au moins 5 ans), deux expositions temporaires viennent compléter le musée. Actuellement, elles se consacrent à l’histoire d’Internet d’une part (essentiellement expliqué à l’aide de grand panneaux textuels) et, d’autre part, à une démarche plus artistique à travers le détournement de composants informatiques en sculptures originales. L’ensemble du musée occupe 800 mètres carrés des 2 500 disponibles au sein de l’espace du Toit de la Grande Arche. Une confortable marge de manoeuvre qui permettra au musée d’enrichir sa collection au fil des mois. “On envisage également des collections très temporaires, d’une semaine par exemple, autour d’une machine particulière“, évoque le directeur.

Quant au choix de la Grande Arche, il ne s’explique pas seulement par le quartier d’affaires de la Défense qui héberge nombre de sociétés spécialisées dans les technologies informatiques mais par la réputation internationale du lieu. Inauguré en 1989, les expositions organisées sur le Toit avait perdu de leur attractivité au fil des ans. Et le projet de Carrefour de la communication cher à François Mitterrand était tombé dans l’oubli. Arrivé en 2004 à la tête de l’entreprise qui exploite l’espace, Francis Bouvier a redressé la situation notamment en proposant de faire du lieu un club de comités d’entreprise, en accueillant des événements (comme le lancement de Windows Vista en janvier 2007) et grâce au Musée de l’informatique.

Apporter un thème emblématique à l’intérieur d’un monument

Redonner au monument l’emblème qu’il avait aux yeux du monde, tel est donc l’objectif de Francis Bouvier. Et le Musée de l’informatique y contribuera activement. L’idée est de “pérenniser le musée pour répondre à l’attente du public et faire le lien avec le quartier d’affaires“, explique le président de l’entreprise. “Apporter un thème emblématique à l’intérieur d’un monument“, renchérit le directeur de l’exposition, confortera l’attractivité touristique de la Grande Arche.

Visiteurs curieux, touristes et scolaires sont les principaux publics visés. “Les techniciens risquent d’être déçus“, suppose Philippe Nieuwbourg, “où alors le papa y emmènera ses enfants pour leur montrer à quoi ressemblait l’univers informatique des années 80“. Le musée n’a pas vocation à être exhaustif ou se présenter comme une source d’enseignements des technologies informatiques. “Il s’agit avant tout de faire comprendre les grandes étapes de cette industrie et de voir comment elles se relient aux autres.

Celles à venir, notamment, puisque, par la nature même du thème, le musée de l’informatique est amené à évoluer presqu’aussi rapidement que l’industrie qu’il évoque. Qui sait si, d’ici 5 ans, nos actuels disques durs, balayés par les technologies à mémoire Flash, ne trouveront pas leur place dans les rayons de ce jeune musée plein d’avenir.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur