Le P2P apprécié des artistes américains

Mobilité

Internet confirme sa fonction d’outil promotionnel pour le monde artistique, selon une étude américaine. Le P2P n’y est d’ailleurs pas forcément mal vu.

Les réseaux d’échange de fichierspeer-to-peer(P2P) comme outil promotionnel? Selon le Pew Internet & American Life Project, une association qui étudie l’impact du réseau mondiale sur la vie quotidienne, deux tiers des musiciens américains considère Internet comme “très important”pour la création et la distribution de leur travail. Parmi eux, 83 % offrent des titres en ligne et déclarent en tirer profit tant dans la vente des CD que de la programmation en radio ou la fréquentation de concerts. Ils sont seulement 3 % à considérer qu’Internet freine la protection des oeuvres.

C’est ce qui ressort d’une étude de 61 pages du Pew Internet présentée dimanche 5 décembre et qui porte sur 2 755 artistes, musiciens, auteurs et éditeurs membres d’organisations artistiques ainsi que sur 809 interviews par téléphone de personnes se déclarant artistes. L’association se garde donc de revendiquer une quelconque représentativité nationale et encore moins mondiale. Selon l’association, l’utilisation que font les artistes du Net est d’ailleurs supérieure à celle de la moyenne nationale : 83 % des artistes professionnels se connectent régulièrement au réseau mondial contre 63 % pour le reste de la population.

Le P2P divise les créateurs

Les échanges illégaux de fichiers divisent la communauté des créateurs. Une petite moitié (47 %) pense que le P2P porte atteinte à leurs revenus tandis 43 % estime au contraire que l’outil facilite la diffusion et la promotion, de leur travail. Ils sont seulement 19 %, parmi les artistes “numériques”, à penser que leur travail a été piraté. Ce qui n’empêche pas 67 % des artistes de vouloir conserver le contrôle total de la distribution en ligne de leurs créations.

Du coup, le P2P n’est pas jugé comme la menace ultime. Ils sont seulement 30 % à considérer les échanges illégaux de fichiers comme une véritable menace. Les deux tiers d’entre eux considère le P2P comme une menace faible ou inexistante. 35 % des artistes professionnels estiment que le partage de fichiers entre utilisateurs devrait être légal contre 55 % qui pensent le contraire. Près des deux tiers des musiciens affirment que la RIAA se trompe de cible en poursuivant les utilisateurs de réseau P2P et devrait se concentrer essentiellement sur les éditeurs comme Kazaa. Seuls 15 % considèrent répréhensible l’action de partager illégalement des fichiers. A bon entendeur…


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