Le projet de réseau haut débit des Hauts-de-Seine provoque des remous

Mobilité

Le Conseil général veut ouvrir un nouveau réseau local de desserte par fibre optique. Un risque de doublon des tuyaux haut débit est évoqué.

Le déploiement des réseaux haut débit dans les Hauts-de-Seine devient un enjeu stratégique. La semaine dernière, l’attribution par le Sipperec de la concession publique pour développer la technologie du courant porteur en ligne dans la région parisienne n’avait pas manquer d’attirer l’attention (voir édition du 30 mars 2006). Parallèlement, un autre débat portant sur la réalisation d’un réseau en fibre optique dans les Hauts-de-Seine, à l’initiative du Conseil général cette fois-ci, provoque également des polémiques. Ce projet, annoncé dans le courant de l’automne dernier (voir édition du 21 octobre 2005), avance à grand pas.

Le 24 mars, dans le cadre du vote du budget primitif 2006, l’Assemblée départementale a approuvé le principe d’une délégation de service public (DSP) afin de doter le département d’un “réseau de télécommunication à très haut débit”. Un projet de convention devrait être présenté d’ici juin 2007. Jean-Michel Billaut, expert IT et haut débit, propose sur son blog la rediffusion de la séance de l’Assemblée départementale dédiée à ce sujet.

Le Conseil général des Hauts-de-Seine, à majorité UMP, souhaite déployer un réseau de fibre optique sur trois ans pour la première phase (25 millions d’euros maximum de subvention) et six ans pour couvrir l’intégralité de son territoire. Ce réseau permettra de déployer la fibre jusqu’aux immeubles de chacune des 36 communes, y compris pavillonaire. Il pourra être emprunté par les opérateurs afin qu’ils commercialisent leurs offres ultra haut débit. “La cohérence avec les réseaux d’initiative publique (Sipperec/Irisé, réseaux câblés communaux?) sera notamment garantie par l’obligation faite au délégataire du réseau d’intervenir exclusivement dans la boucle locale”, précise le communiqué de presse.

Fronde de l’opposition

C’est justement là où le bât blesse, estiment les groupes d’opposition PS et PC locaux. Ils dénoncent des dérives budgétaires potentielles dans la construction d’un nouveau réseau à très haut débit (THD) susceptible de faire doublon avec les tuyaux existants. “En plus d’Irisé [exploité par le Sipperec], les Hauts-de-Seine sont déjà plutôt bien desservis par plusieurs réseaux privés de communication : Colt à La Défense, France Télécom avec ses essais de THD à Issy-Les-Moulineaux”, peut-on lire sur le blog du groupe socialiste du Conseil général des Hauts-de-Seine. Les groupes PS et PC avancent un investissement évalué à 70 millions d’euros “sur le dos des contribuables du 92”.

Affirmations démenties par Jean-Jacques Guillet, député de la 8ème circonscription des Hauts-de-Seine, président du groupe UMP du Conseil général des Hauts-de-Seine et conseiller général en charge du très haut débit, qui perçoit à travers ces critiques une manoeuvre politique. “Nous ne pouvons pas attendre les initiatives des opérateurs privés pour développer le haut débit. Des villes comme Pau, Clermont-Ferrand ou Dunkerque ont pris de l’avance sur le très haut débit”, commente l’élu départemental, contacté par Vnunet.fr. “Il faut évoquer ce dossier en termes de complémentarité qui est importante : Irisé est d’abord un réseau de collecte tandis que nous voulons monter un réseau de desserte”, soutient Jean-Jacques Guillet.

Vigilance du Sipperec

“La répartition des tâches n’est pas si claire que cela”, tempère un porte-parole de Sipperec, qui exploite le réseau très haut débit Irisé couvrant largement le département des Hauts-de-Seine. “Nous serons attentifs à la mise en cohérence des réseaux car nous sommes à la fois réseau de collecte et réseau de desserte afin d’améliorer la capillarité dans les villes”, explique-t-on du côté du syndicat intercommunal pour les réseaux et les services de communications.

On peut comprendre l’intérêt que porte les différents protagonistes à ce dossier. Les Hauts-de-Seine constituent l’un des premiers pôles économiques de France avec 100 000 entreprises et 1,5 million d’habitants. Et le fait que le Conseil général soit présidé par Nicolas Sarkozy est un facteur non négligeable.

France Télécom promeut la fibre pour les PME des Hauts-de-Seine
France Télécom lance un nouveau service sur fibre optique conçu pour généraliser les usages de l’intranet dans les entreprises. Le projet pilote a été implémenté dans les locaux de la société Sunbelt Software, distributeur de la solution logicielle de réplication de données Double-Take, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). D’ici octobre 2006, France Télécom compte généraliser des services expérimentés sur la gamme des offres intranet à l’ensemble des entreprises du département. L’objectif est de proposer aux PME-PMI l’accès au très haut débit et aux services dont seuls les sites centraux des grandes entreprises pouvaient bénéficier jusqu’ici (localisation des serveurs, stockage des données dans le réseau, back up?).

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