Le service ‘e-public’ CampusFrance.org connaît des ratés

Mobilité

Ce portail, géré en partie par le ministère des Affaires étrangères, est
censé aider les étudiants étrangers à s’inscrire dans une université française.
Ce n’est pas gagné.

Le projet partait d’une bonne intention : permettre aux étrangers, qui souhaitent venir suivre des études dans notre pays, d’utiliser Internet pour s’inscrire dans une université française, demander leur visa* et effectuer toutes les autres démarches nécessaires.

Véritable vitrine du savoir-faire hexagonal en matière d’e-administration, CampusFrance* devait donner une image moderne et conviviale de notre pays vis-à-vis du monde. Las ! Le service Internet ne marche pas. C’est en tout cas ce que révèle Adrien Gouteyron, sénateur (UMP) de la Haute Loire.

Dans le cadre d’une étude sur la gestion des services des visas au ministère des Affaires étrangères, le rapporteur spécial de la mission “Action extérieure de l’Etat” (commission des Finances du Sénat) s’est rendu à Madagascar en janvier dernier, puis en Turquie en mars. Il a pu constater de visu que ces services payants (il faut débourser 80 euros pour compléter son dossier à Madagascar, 100 euros en Turquie) ne fonctionnaient pas.

“Sur 33 500 étudiants étrangers ayant obtenu un identifiant pour engager leur procédure d’inscription en ligne, seuls 5 600, soit moins de 17%, ont pu saisir leurs informations personnelles dans le formulaire proposé“, détaille-t-il dans un communiqué. “1 100 formulaires, soit 3%, ont pu être validés par CampusFrance.”

On repasse à la procédure papier en attendant mieux

En France, on ne nie pas le problème au ministère des Affaires étrangères. “Le sénateur a eu raison de pointer du doigt certains dysfonctionnements : l’application Pastel, dévéloppé par le ministère et qui est au coeur de CampusFrance [NDLR : elle permet, entre autres, de faire la liaison avec les services consulaires], ne marche pas “, reconnaît AgnèsRomatet-Espagne, un des portes-paroles du ministère. “Mais ces points sont en cours d’amélioration. “

En revanche, les conclusions chiffrées du sénateur sont constestées : tout ne peut pas être mis sur le dos de Pastel. “Dès qu’un étudiant se connecte à CampusFrance, il obtient un identifiant ; ce n’est qu’ensuite qu’il complète son dossier”, rappelle AgnèsRomatet-Espagne. “Or, pour le remplir, il faut fournir des éléments très précis, comme ses relevés de notes. Il est donc tout à fait normal que beaucoup d’étudiants n’aillent pas jusqu’au bout de la procédure.”

Selon le quai d’Orsay, au final, aucun étudiant étranger ne devrait être lésé. Dès que Pastel a montré des signes de faiblesse, les services consulaires et les CEF (Centres des Etudes en France ; sorte de guichets uniques, implantés à l’étranger, pour les étudiants) sont repassés à la “procédure papier”. Pas très glamour, mais efficace. Il faut attendre jusqu’au 15 avril pour s’assurer que le nombre d’étudiants étrangers inscrits en France est resté stable. Et savoir si le système D a ainsi permis de sauver les meubles.

Lorsque le système fonctionnera correctement les étudiants des pays suivants pourront effectivement demander, via CampusFrance, leur visa : Algérie, Brésil, Chine, Canada, Cameroun, Colombie, Corée, Etats-Unis, Gabon, Guinée, Inde, Maroc, Madagascar, Mexique, Russie, Sénégal, Syrie, Tunisie, Turquie et Vietnam. Une généralisation à tous les pays est prévue… ultérieurement.

*Il existe pratiquement autant de sous-sites Campusfrance que de pays. Par exemple, www.algerie.campusfrance.org, www.colombie.campusfrance.org, www.vietnam.campusfrance.org….


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