Lecko : “Open data : les collectivités pionnières, retard à l’allumage au niveau national”

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Le cabinet conseil en organisation et nouvelles technologies a récemment publié une étude sur la libéralisation des données publiques. Entretien avec l’un de ses consultants Nicolas Goin.

Lecko (ex-USEO) a récemment publié une étude sur “L’open data au coeur de la nouvelle relation entre collectivités, entreprises et citoyens“.

Le cabinet conseil en organisation et nouvelles technologies fournit des clés pour identifier les objectif d’un tel projet de libéralisation des données publiques (transparence / innovation / participation) à partir d’une douzaine de cas concrets en France ou à l’international.

L’open data s’épanouit en France et la tendance s’est accélérée avec la sortie du portail Data.gouv.fr à la fin de l’année 2011 sous l’impulsion de la mission gouvernementale Etalab (Fillon III).

Reste à savoir avec l’alternative politique, comment la nouvelle administration va prendre en main ce sujet.

Mais elle devrait lui tenir à coeur au regard du projet OpenData du conseil général Saône-et-Loire sous la présidence d’Arnaud Montebourg, qui n’avait pas encore pris ses fonctions de ministre pour le Redressement Productif.

Avec un nouveau Premier ministre comme Jean-Marc Ayrault, qui a occupé les fonctions de maire de Nantes pionnière en France dans l’open data, le mouvement devrait s’amplifier.

D’autre part, des réseaux plus informels d’universitaires, de chercheurs, de journalistes, d’entrepreneurs, des sociétés de conseil et de collectivités se mettent en place pour partager les expériences.

Entretien avec Nicolas Goin, consultant directeur chez Lecko (entretien réalisé par mail dans la semaine du 14 au 18 mai 2012).

ITespresso.fr : La France a-t-elle pris du retard sur l’open data ? Comment comparer l’étendue de son offre par rapport à des pays pionniers (comme les Etats-Unis) ?
Nicolas Goin : Il est clair que la France n’a pas été dans les premiers pays à mettre en place des initiatives d’ouverture des données publiques à un niveau national.

Contrairement à ce que nous avons pu observer par exemple aux Etats-Unis avec la volonté de Barack Obama d’ouvrir les données nationales. Ce qui a abouti au lancement du site Data.gov au mois de mai 2009 [bon anniversaire, ndlr].

Au Royaume-Uni, ce sont davantage des initiatives de longue date émanant de la société civile qui ont poussé le gouvernement à lancer en janvier 2010 le portail Data.gov.uk.

En France, le portail Data.gouv.fr ne voit le jour qu’en décembre 2011, soit deux ans après son homologue britannique.

Néanmoins, ce “retard à l’allumage” au niveau national ne signifie pas pour autant que la France accuse un retard sur les autres pays.

En effet, en France, ce sont davantage les collectivités locales, à l’instar de Rennes Métropole dès octobre 2010, qui se montrées dynamiques assez tôt.

Permettant ainsi de générer un mouvement open data de proximité.

ITespresso.fr : A votre avis, quel pays donne l’exemple en matière d’open data ?
Nicolas Goin : Les Etats-Unis étant partis très tôt, le nombre et la portée des projets open data mis en place actuellement leur confèrent une visibilité et une attractivité indéniable. Les pays scandinaves ne sont également pas en reste sur le sujet.

Ensuite, l’exemple viendra également du fait d’initiatives innovantes qui rencontreront un réel écho dans l’opinion publique.

On peut même imaginer que des projets inter-collectivités se mettent en place et génèrent de l’intérêt, à l’instar de ce qu’avaient réalisé très tôt les municipalités d’Amsterdam et San Francisco à travers l’Urban EcoMap.


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