Les opposants à la fusion HP/Compaq se multiplient

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Le fonds de pension américain Calpers vient de se prononcer contre le projet de fusion entre Hewlett-Packard et Compaq. Des syndicats français, allemands et hollandais vont également se rendre en délégation en Californie pour exprimer leur désaccord sur les licenciements massifs qu’impose la fusion. Après le soutien, ces derniers jours, de la FTC et l’ISS, le camp adverse présente lui aussi ses arguments.

La fusion est loin d’être parachevée entre Hewlett-Packard et Compaq. Quelques jours à peine après Institutional Shareholder Services (ISS), une firme de conseil rassemblant quelque 950 entreprises et investisseurs institutionnels détenant au total environ 23 % du capital de HP (voir édition du 6 mars 2002), c’est le fonds de pension Calpers qui prend position contre le projet de fusion entre les deux firmes informatiques. Calpers ne représente pas un énorme poids en termes de voix, car même si elle détient 7,6 millions d’actions de Hewlett-Packard et 6,5 millions de Compaq, cela ne représente finalement que 1 % du capital des deux sociétés. Mais c’est surtout sa décision qui risque de faire tâche d’huile auprès des autres actionnaires. Pour le moment, on annonce que la décision d’ISS n’influencera que 10 à 12 % des actionnaires de HP.

Jusqu’ici, les rares oppositions qui se faisaient entendre émanaient toutes de la famille Hewlett. Le chef de file de cette opposition, Walter Hewlett, a d’ailleurs, dans une lettre adressée aux actionnaires de HP, appelé ces derniers à se prononcer contre la fusion des deux sociétés le 19 mars prochain. Il reste persuadé que la fusion entre Hewlett-Packard et Compaq ne se fera pas. Il cite par ailleurs un autre fonds, l’Ontario Teachers Pension Plan Board, l’un des principaux fonds de pension du Canada, qui apparemment voterait aussi contre la fusion, rapporte Reuters.

Les syndicats prennent position

Les opposants à ce projet de fusion viennent par ailleurs de recevoir le soutien de certains syndicats européens. Il est vrai que cette fusion devrait, au niveau mondial, impliquer la suppression de 15 000 postes. Les élus de la CFDT et de la CGC de Compaq France sont par conséquent contre le projet qui risque d’entraîner le licenciement de plusieurs centaines de personnes en France. Des représentants de ces deux syndicats se rendront en Californie afin de dénoncer les conséquences de cette fusion et seront rejoints par des syndicalistes allemands et hollandais. Par ailleurs, ils devraient être aidés par le puissant syndicat américain Communication Workers of America. Si la part des salariés ne représente qu’un très faible pourcentage dans le capital des deux sociétés, elle n’en reste pas moins importante au vu du match serré que se livrent les deux parties.


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