L’hébergement simple est condamné à disparaître

Mobilité

Le marché français des services Internet connaît aujourd’hui un ralentissement. Les services jusqu’alors proposés n’apportent qu’une faible marge. Entre restructuration et externalisation d’applications, les hébergeurs, pour survivre, devront se tourner vers des services à forte valeur ajoutée.

Le marché professionnel des services Internet, que ce soit l’accès Internet, l’hébergement Web ou encore les services à valeur ajoutée, a progressé de 26 % en 2001. Une croissance toutefois en baisse par rapport à l’année précédente, où ce secteur connaissait alors une croissance de 59 %. Des chiffres qui, selon IDC, sont très inférieurs à toutes les prévisions annoncées jusqu’alors. Deux explications sont apportées par le cabinet d’études. Première explication, l’évolution du contexte économique international qui incite à beaucoup de prudence de la part des entreprises. “Alors que les deux années précédentes se sont caractérisées par la mise en place de projets e-business nombreux et complexes, les entreprises sont aujourd’hui entrées dans une phase de rationalisation de leurs investissements IT qui a un impact direct sur la mise en place de nouveaux projets Internet”, explique IDC. Les différentes enquêtes menées par IDC auprès des entreprises montrent que ces dernières, et notamment les grands comptes, ont gelé une partie des projets qu’elles comptaient mettre en oeuvre au cours de l’année 2001. Cette situation attentiste de la part des entreprises repose en partie sur les incertitudes économiques quant à la croissance de l’économie. Ces dernières cherchent avant tout à rentabiliser les investissements consacrés à leur stratégie e-business avant de se lancer dans de nouveaux projets Internet. Les entreprises, explique IDC, sont également freinées dans leur démarche par la volonté de structurer les nombreux projets Internet/e-business initiés en 1999 et 2000, provoquant ainsi l’allongement des cycles de décision d’investissement. Par ailleurs, l’étude d’IDC montre que les entreprises sont passées d’un mode d’investissement “global” à un processus d’investissement par “étape”. IDC estime également que les investissements autour des projets Internet ont souffert en 2001 du ralentissement de l’activité autour des entreprises de type start-up, créées pour la plupart en 1999 et 2000, et dont le modèle économique repose exclusivement sur le réseau Internet.

Deuxième cause de la faiblesse de ce marché : le faible chiffre d’affaires généré par des prestations à faible valeur ajoutée tels que l’accès Internet ou encore l’hébergement mutualisé de sites Web. Activités qui ont représenté 86 % des revenus en 2001 sur le marché professionnel des services Internet.

La course à la valeur ajoutée

Les acteurs de ce marché doivent mettre en place de nouveaux relais de croissance. L’hébergement seul ne suffit plus. En 2000, 68 % de l’ensemble des entreprises équipées d’un site Web avaient recours à des services d’externalisation contre 66 % sur l’année 2001. IDC explique cette baisse par le fait que le recours à un prestataire externe est devenu moins systématique de la part des entreprises, notamment des grands comptes, qui se sont depuis équipés en infrastructures Internet. Parallèlement, les trois quarts des sites Web hébergés chez un prestataire externe sont des sites simples à faible valeur ajoutée qui émanent d’entreprises de type TPE. Face à la baisse de l’offre, à la concurrence entre acteurs, aux investissements énormes, les entreprises du secteur veulent se repositionner en offrant des services à plus forte valeur ajoutée capables de générer des marges plus importantes. Ces acteurs vont dès lors proposer des services basé sur la sécurité, l’administration des applications, le stockage…

Le cabinet d’étude croît fortement au potentiel de l’ASP : “Alors que le marché des ASP est aujourd’hui dans une phase d’évangélisation, la généralisation des accès haut débit auprès de l’ensemble des entreprises au cours des prochaines années dynamisera le marché de la location d’applications en ligne.”


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