Liberté d’expression : Twitter se pliera davantage aux lois nationales

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Twitter vient d’annoncer que des tweets pourront désormais être effacés s’ils entrent en infraction avec “les limites à la liberté d’expression” des pays concernés.

Twitter a annoncé que les tweets pourront désormais être effacés s’ils ne respectent pas les lois relatives à la liberté d’expression fixées par les législations nationales.

Le site de microblogging s’appuie sur l’exemple des propos pro-nazis qu’il est interdit de proférer dans des pays comme la France ou l’Allemagne.

Le tweet effacé apparaît alors grisé dans les frontières du pays mais reste visible à l’extérieur de celui-ci.

Dans une contribution blog en date du 26 janvier, Twitter joue la carte de la transparence en précisant que l’émetteur du tweet incriminé est prévenu et qu’on lui explique également la raison du retrait.

Les lecteurs de son flux sont informés indirectement du retrait du tweet grâce à la forme qu’il revêt.

Le réseau social connaît une adoption massive à travers le monde (200 millions dans le monde). L’auto-régulation devient nécessaire.

A cet effet, Twitter a étendu son partenariat avec la société Chilling Effects, un système d’archive collaboratif créé notamment par Electronic Frontier Foundation afin d’informer de façon transparente les utilisateurs.

D’aucuns crieront toutefois à la censure puisque, même si la transparence est de mise, c’est de façon arbitraire que les tweets peuvent être retirés.

Cependant, la société avait déjà la possibilité de retirer un tweet du flux. Mais cela se faisait de façon unilatérale dans le monde entier.

Cette nouvelle “fonctionnalité” à périmètre variable affiche clairement une soumission aux lois en vigueur dans chaque pays. Fussent-elles discutables au sujet de la liberté d’expression.

Et c’est bien là où le bât blesse puisque aucune distinction n’est faite entre les pays démocratiques, les régimes autoritaires ou dictatoriaux.

On se souvient d’un récent échange par tweets entre Jack Dorsey, co-fondateur de Twitter de passage en Chine, et le dissident Ai Weiwei, à propos de la censure dans le pays.

Twitter était également devenu un canal de contestation et d’organisation des mouvements rebelles lors des Printemps arabes en 2011. Cela va-t-il vraiment changer avec les nouvelles règles instaurées ?


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